N’en déplaise à Areva, EDF sera le chef de file de la filière nucléaire française, a déclaré mardi Nicolas Sarkozy. Pour mettre fin à la guerre entre les deux groupes, l’Elysée a décidé de les rapprocher.
L'annonce a été faite par le président de la République à l’issue du Conseil de politique nucléaire. Ce dernier était tout bonnement chargé d'élaborer les grands axes stratégiques du secteur nucléaire en France, sur la base des recommandations du rapport de Français Roussely, remis il y a quelques semaines.
L’objectif: renforcer l’unité de la filière pour éviter de nouveaux revers à l’étranger et mettre fin aux dissensions entre les deux groupes.
Pour ce faire, l’Elysée a décidé de confier un rôle central à EDF, comme le réclame son PDG, Henri Proglio, depuis des mois.
Un accord de partenariat stratégique sera tout d’abord conclu avec Areva, couvrant l’ensemble de leurs activités communes.
En ce qui concerne l’exportation des centrales nucléaires, les deux groupes «mettront en place, chaque fois que les besoins des clients le nécessiteront, une organisation s'appuyant sur la compétence d'exploitant et d'architecte-ensemblier d'EDF», explique le communiqué.
Cet accord ne sera cependant pas exclusif pour permettre aux deux groupes ce coopérer avec d’autres entreprises du secteur.
L’Elysée veut ainsi éviter de revivre l’échec cuisant des Emirats arabes unis en décembre dernier. Areva, EDF, GDF Suez et Total n’avaient pas remporté le contrat de 20 milliards de dollars pour la construction de quatre centrales nucléaires.
Mais EDF pourrait surtout prendre une participation au capital d’Areva. Ce dernier doit être augmenté de 15% d’ici la fin de l’année. Mitsubishi comme des investisseurs du Golfe et du Qatar sont déjà intéressés. EDF, qui détient déjà 2,4% du capital, ferait cependant figure de favori.
Car cette prise de participation obligerait les deux groupes à s’entendre. Il y a quelques mois, ces derniers s'étaient écharpés sur des contrats de recyclage et d'enrichissement d'uranium. A tel point que le Premier ministre François Fillon avait dû intervenir pour remettre de l’ordre dans la filière.