Passera ou passera pas? Depuis plusieurs semaines, les spéculations vont bon train autour de la solidité des banques européennes. Les résultats des tests de résistance sont rendus ce vendredi.
Mené sur 91 établissements en Europe, les conclusions de ce «stress test» sont très attendues par les marchés financiers. Elles doivent déterminer la capacité des banques à résister à une nouvelle crise économique et financière.
Le comité des régulateurs bancaires européens (CEBS) rendra son verdict vendredi en fin d’après-midi. Mais le scepticisme domine et l’opération risque de ne pas atteindre son objectif: rassurer les investisseurs et restaurer la confiance dans le système bancaire en Europe.
Car les marchés redoutent des critères trop laxistes ou une communication insuffisamment détaillée qui les laisseraient sur leur faim. Les régulateurs, gouvernements et banquiers ont multiplié les déclarations optimistes ces derniers jours et laissé entendre que la quasi totalité des banques avait passé le test avec succès.
«Sachant que tous les pays, y compris la Grèce, ont dit qu'il n'y avait aucun problème pour leurs banques, j'ai spontanément tendance à penser que les hypothèses (retenues pour les tests) ne seront pas très dures», s'inquiète Pascal Decque, analyste de Natixis.
Les marchés s’inquiètent aussi du manque de précision des informations concernant les fameuses hypothèses utilisées lors des tests. Le CEBS a soumis les banques à des scénarios de crise plus ou moins extrêmes, comme une chute brutale de la croissance ou des marchés boursiers.
Mais «il est difficile de se faire une religion définitive quand on n'a pas les règles du jeu», résume ainsi Pascal Decque. Le Fonds monétaire international (FMI) a lui-même pointé du doigt «l'incertitude concernant la rigueur de ces tests», dans un rapport publié mercredi.
Les analystes comparent volontiers ce «stress test» européen à celui réalisé début 2009 aux Etats-Unis sur 19 établissements bancaires.
Deux semaines avant la publication des résultats, la Réserve fédérale avait publié une note de méthodologie précise de plus de vingt pages, alors que le CEBS s'est contenté d'un communiqué d'une page et demi début juillet. Beaucoup rappellent également que 10 de ces 19 banques américaines avaient dû lever des fonds pour renforcer leur situation financière. En Europe, une poignée seulement d'établissements devrait être retoquée.