Travailler plus et renoncer à ses RTT permet rarement de sauver son emploi

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Publié le 20 juillet 2010.

SOCIAL - L'histoire récente a montré plus d'échecs que de succès...

Sacrifier ses RTT pour garder son poste en vaut-il la peine? C’est un type de plan social qui a été vu à plusieurs reprises ces dernières années: plus de travail, moins de RTT et les emplois sont sauvegardés. Dernier exemple en date, les salariés de General Motors, à Strasbourg, qui ont approuvé lundi le plan de reprise du site conditionnant notamment le rachat de l'usine à une renonciation d’une partie de leurs RTT. Mais pour combien de temps? Les derniers exemples en date n’incitent pas à l’optimisme.

Un seul succès, Peugeot Motocycles

Au total, 1.150 emplois étaient menacés à Strasbourg. S’ils regardent du côté de leurs homologues de Peugeot Motocycles, ils pourront garder espoir. En effet, menacés d’une délocalisation de deux usines à Taïwan, les 1.050 employés avaient consenti, en avril 2008, notamment à travailler plus (35h contre 30 à 32 auparavant), à prendre des pauses non payées et à voir diminuer leurs jours de RTT.

Cependant, les autres plans similaires recensés ces dernières années ont tenu un certain temps avant d’échouer. Le pire exemple est celui du groupe volailler Doux qui, en 2004, a appliqué la même équation. Quatre ans plus tard, en juillet 2008, l’entreprise a fermé trois sites en Bretagne et dans le Cher, entraînant la suppression de plus de 600 emplois.

Un plan social tous les trois ans chez Hewlett-Packard

Toujours en 2004, Bosch menaçait de fermer son site de Vénissieux  (Rhône) où 300 emplois étaient en jeu. Les salariés ont alors accepté de passer de 35 à 36h et de renoncer à six jours de RTT sur vingt. Sauf que six ans plus tard, l’activité s’est considérablement réduite à Vénissieux et l’avenir du site est à nouveau compromis. «Si fin 2011 nous n’avons pas de nouveaux contrats, nous n’avons plus de travail», avait indiqué à 20minutes.fr un employé de l’usine en mai dernier.

En 2005, Hewlett-Packard est bénéficiaire, mais annonce des licenciements partout dans le monde, dont plus d’un millier pour la filiale française. Il a fallu un an pour que le plan social s’opère avec au bout du compte 250 emplois sauvés contre une renonciation à douze jours de RTT. Trois ans plus tard, des centaines de suppressions de postes sont annoncées. «Chez Hewlett-Packard, il y a un plan tous les trois ans», déplore Laurent Viallard, délégué syndical CGT, joint par 20minutes.fr.

Réduire les RTT dégrade les conditions de travail

«La réduction des RTT n’a rien changé, au contraire, cela a dégradé les conditions de travail et cela a poussé les gens à partir. De ce côté-là, c’est une vraie réussite», ironise cet employé du site de Grenoble. Aujourd’hui encore, l’avenir est sombre pour les salariés français du groupe américain: «Il y a des signes avant-coureurs: des salariés sans activité, des postes supprimés dans le reste du monde, on nous demande de prendre des congés sans solde…»

Enfin, chez Continental, seule la durée de travail avait augmenté fin 2007 pour pérenniser le site de Clairoix (Oise) mais, peine perdue, le groupe allemand a annoncé la fermeture du site deux ans plus tard et le licenciement de ses 1.120 salariés. Pas vraiment de bonne augure pour leurs homologues de General Motors.

Corentin Chauvel
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