Drôle de choix. Les 1.150 salariés du site General Motors de Strasbourg doivent décider ce lundi s'ils acceptent ou non de revoir leur conditions salariales à la baisse pour garder leur emploi.
Ce référendum interne, organisé à l'initiative de trois des quatre syndicats représentés (CFDT, CFTC, FO), est destiné à approuver ou rejeter une offre de GM Company, née l'an dernier sur les cendres de l'ancien General Motors en faillite.
Le nouveau GM, détenu à 60% par l'Etat fédéral américain, propose de reprendre le site si les salariés acceptent de réduire de 10% le coût de la main d'oeuvre, sans réduction d'effectif mais avec un gel des salaires sur deux an et en renonçant à plus d'un tiers des 17 jours de RTT.
Installée dans la zone industrielle du port du Rhin, l'usine fabrique des boites de vitesse pour des constructeurs automobiles, dont BMW.
Le vote est destiné à «prendre la température» parmi les salariés, mais il reviendra au final aux délégués syndicaux de signer ou non l'accord. La direction de GM souhaite arriver à un consensus syndical, mais la CGT a appelé à voter «non». «Nous n'avons pas à nous comparer aux travailleurs qu'on exploite au Mexique, en Chine ou je ne sais où», a indiqué Roland Robert, délégué CGT.
Il commentait ainsi le fait que la direction du groupe, à Detroit, dit vouloir choisir entre Strasbourg et une usine au Mexique, où la main d'oeuvre est moins chère. Mais pour le délégué CGT, «la direction qui veut nous voler nous demande en plus de dire qu'on est d'accord.» La CFDT et CGT sont majoritaires dans l'usine (6 et 5 délégués) alors que FO et la CFTC sont très minoritaires.
Le vote contrôlé par huissier doit s'achever vers 23h pour permettre aussi à l'équipe du soir d'y participer. Les résultats devraient être connus dans la nuit et officialisés mardi matin.