Attirer plus de bénéficiaires grâce à des formalités administratives moins complexes. C’est tout le pari du gouvernement qui va simplifier le dispositif du revenu de solidarité active (RSA), a annoncé mardi le ministre des Solidarités actives Marc-Philippe Daubresse.
«Dispositif ubuesque»
Les allocataires sont souvent «ballottés d'un côté à l'autre dans un dispositif ubuesque», s’est plaint le ministre lors d’une conférence de presse.
Mis en place à l'été 2009, le dispositif a deux volets: le RSA «socle», qui n'a fait que remplacer automatiquement le RMI, et le RSA «complément d'activité», qui apporte un complément de revenu aux personnes qui ont de petits salaires.
Alors que le gouvernement tablait sur 1,6 million de foyers bénéficiaires du «RSA activité», seuls 627.000 foyers touchaient la prestation en avril dernier.
Complexité des démarches
Selon une étude dévoilée mardi par TNS-Sofres, beaucoup de bénéficiaires potentiels ne savent pas en quoi consiste le dispositif et sont effrayés par la complexité des démarches.
Certains ne souhaitent pas demander une prestation qu'ils estiment réservée aux exclus et aux «très pauvres».
Le ministre a donc présenté mardi dix mesures pour améliorer le dispositif. Des courriers vont notamment être envoyés à 8 millions de bénéficiaires d'aides au logement pour les inciter à se renseigner sur le RSA.
Nouvelles mesures
Dès juillet, les formulaires de déclarations de ressources vont être «simplifiés, avec des cases préremplies» par les Caisses d’allocations familiales, a précisé Marc-Philippe Daubresse.
Le ministère veut aussi encourager des «plate-formes uniques» pour orienter les allocataires et faciliter les échanges de fichiers entre Pôle emploi et les Conseils généraux. Sur chaque site de Pôle emploi, un correspondant RSA sera chargé de la coordination avec les services du Conseil général.
Grâce à ces mesures, le gouvernement table sur un nombre de bénéficiaires du «RSA activité» fin 2010 «un peu au-dessus de 700.000». Et selon un document budgétaire présenté mardi à l'Assemblée nationale, l’objectif est de 1,26 million de bénéficiaires d’ici trois ans.