Comment mettre fin aux entrées de ville «défigurées» par des zones marchandes à perte de vue? Un projet de loi, récemment adopté à l'Assemblée, propose de modifier le Code de l'urbanisme. Mais les grands groupes s'y opposent vertement, et dénoncent un non-sens commercial.
Patrick Ollier et Michel Piron, les députés UMP à l'origine du projet, souhaitent donner aux élus locaux le pouvoir de décider où et comment s'agrandiront les magasins. L'urbanisme commercial, secteur aux règles spécifiques, serait alors intégré au Code général de l'urbanisme. «C'est l'urbanisme qui doit commander le commerce et non l'inverse», insiste Michel Piron.
La précédente loi sur la modernisation de l'économie (LME), qui voulait promouvoir la concurrence, avait accordé de nouveaux droits aux commerces pour créer ou agrandir leurs surfaces. Le résultat fut catastrophique : 400.000 m2 d'extensions de magasins, souvent déployés de façon anarchique. Le nouveau projet devrait y mettre fin. Mais les vendeurs refusent des enseignes disséminées aux quatre coins des villes, ce qui ferait fuir les clients. Ils craignent que le commerce, domaine peu connu des urbanistes, ne soit le grand oublié des futurs plans territoriaux.