Selon la future loi, les prêteurs seront obligés de vérifier la solvabilité de leurs clients.
Selon la future loi, les prêteurs seront obligés de vérifier la solvabilité de leurs clients. - CHAMUSSY / SIPA

Gilles Wallon (avec afp)

Le crédit revolving continue d'inquiéter. Jeudi, plusieurs magistrats ont fait part de leurs doutes sur la loi qui pourrait bientôt encadrer ce crédit renouvelable, aux taux parfois très élevés, et souvent accordé à des personnes insolvables. Un projet de loi arrive en deuxième lecture, lundi, au Sénat. Dans un contexte d'explosion du surendettement, il est très attendu. Mais s'il va «dans le bon sens», ce n'est toujours pas «assez loin» pour le magistrat Philippe Florès, un spécialiste du sujet.

« Service public de crédit »

Selon la future loi, les organismes de crédit seront obligés de vérifier la solvabilité de leurs clients. Avec quels documents? Le texte ne le précise pas. «Il y a les emprunteurs qui vont éventuellement mentir, mais surtout ceux qui ne savent plus où ils en sont, craint Philippe Florès. Quand on se noie, on ne vérifie pas la qualité de la bouée qu'on emprunte.» Autre motif d'inquiétude: le taux d'usure maximum, actuellement fixé par les banques, ne sera pas baissé par la loi. Pour le magistrat d'instance Etienne Rigal, le projet manque aussi d'une réflexion sur «un service public de crédit pour les plus pauvres».

Pour l'UFC-Que Choisir, le texte amène néanmoins de grandes avancées. «Désormais, les organismes devront proposer obligatoirement un choix entre crédit amortissable et revolving», se réjouit l'association, mais seulement pour un emprunt supérieur à 1.000 euros. «Le seuil plancher du crédit renouvelable a été baissé. Avant, en dessous de 3.000 euros, on ne proposait que du revolving. Désormais, le seuil sera de 1.000 euros.» Ce qui permettra de limiter les abus.