L'Allemagne se lance aussi dans un plan d'économies

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Publié le 8 juin 2010.

RIGUEUR - Même si sa situation est loin d'être la plus alarmante en Europe...

L’Allemagne n’y coupera pas. Le gouvernement a dévoilé lundi les grands axes d'un budget 2011 marqué par l’austérité. Comme dans toute l’Europe, Berlin a adopté un plan de rigueur pour économiser 80 milliards d'euros d'ici 2014, dont plus de 11 milliards d’euros l'année prochaine.

«La situation est grave» et «avoir des finances solides constitue la meilleure des préventions» face aux crises futures, a expliqué lundi la chancelière Angela Merkel.

Coupes budgétaires drastiques

Ce budget allemand est le fruit de difficiles négociations entre conservateurs et libéraux, alliés au sein du gouvernement depuis l'automne. Le texte devra être adopté d'ici fin juin en conseil des ministres et en juillet au parlement.

Tous les secteurs ou presque vont devoir se serrer la ceinture. Seules l’éduction et la recherche, source de croissance pour l'avenir, et les retraites, à quelques exceptions près, ont été épargnées par cette austérité.

Baisse des dépenses

Le gouvernement compte notamment réduire de manière drastique ses dépenses en matière de défense. 40.000 postes de soldats de la Bundeswehr pourraient être supprimés et les conditions du service militaire obligatoire modifiées.

Comme dans la plupart des autres pays européens, les fonctionnaires vont aussi subir de plein fouet ce plan de rigueur. Entre 10.000 et 15.000 emplois devraient disparaître d'ici 2014.

Le système social allemand, qui concentre plus de la moitié des dépenses publiques, est aussi appelé à faire des économies. Certaines allocations seront supprimées, comme celles aux chômeurs ou aux bénéficiaires de l'aide au logement.

Les gains supplémentaires que les producteurs d'électricité tireront de l'allongement promis de la durée de vie des centrales nucléaires seront en outre imposés. Et une «taxe écologique» instaurée sur les billets d'avions au départ de l’Allemagne.

Rigueur allemande

Les finances publiques allemandes sont pourtant loin d’être dans une situation aussi difficile que d’autres pays européens.

Berlin a connu un déficit de 3,3% du PIB en 2009, contre 7,5% en France, 9,4%, au Portugal, 11,1% au Royaume-Uni, 11,2%  en Espagne et 14% en Grèce.

Mais chantre de la rigueur budgétaire depuis des années, l’Allemagne a bien l’intention de ramener son déficit public en-dessous de la barre européenne des 3% du PIB le plus rapidement possible. Faute de pouvoir exiger de même de la part de ses voisins.

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