La fonction de grand patron est-elle plus difficile à assumer qu’il y a dix ans? Ces derniers doivent en tout cas faire leurs preuves beaucoup plus rapidement, selon l’étude annuelle de la société de conseil Booz&Company publiée mercredi.
Soumis à la pression de leurs actionnaires, les PDG des grands groupes internationaux restent moins longtemps à leur poste qu’en 2000, d’après ce rapport mené sur les 2.500 plus grandes sociétés cotées au monde.
En une décennie, la durée moyenne des mandats des dirigeants des conseils d’administration est ainsi passée de 8,7 à 6,3 ans.
Les nouveaux patrons disposent donc «de moins de temps que leurs prédécesseurs pour déployer une stratégie qui fera réellement la différence», explique Patrice Naudy, vice-président chez Booz&Company, cité dans un communiqué.
Le «turnover» des dirigeants d'entreprises s’est cependant stabilisé en 2009 mais à un «niveau relativement élevé de 14,3%», indique Booz & Company.
Les départs contraints ont en revanche diminué pour atteindre leur plus bas niveau depuis 2003, à 3,3%. La bourrasque financière et économique les avaient portés à 5,1% en 2008.
Signe que la crise produit tout de même encore ses effets, les secteurs de la banque et de la finance ont connu un «taux de renouvellement plus élevé, à 17,2%, et des départs contraints plus importants.
Mais qu’il s’agisse de patrons poussés au départ ou partis de leur plein gré, quand il faut les remplacer, les conseils d’administration font rarement appel à un candidat extérieur à l’entreprise. Dans 80% des cas, les nouveaux dirigeants sont promus en interne, selon l’étude.
Un choix qui s’explique avant tout pour des questions de performances économiques. «Les alliés et le capital confiance dont bénéficie un insider lorsqu'il prend ses fonctions se traduisent par une différence tangible sur le plan des résultats financiers de l'entreprise», analyse Patrice Naudy.
Dernier enseignement de l’étude: le PDG se raréfie dans les grands groupes internationaux. Les fonctions de directeur général et de président sont de plus en plus dissociées.
En 2000, environ la moitié des dirigeants européens et nord-américains cumulaient les deux statuts. Dix ans plus tard, cette proportion n'est plus que de 16,5% aux Etats-Unis et de 7,1% en Europe, selon l’étude.