BP aura bien du mal à se relever de la marée noire. Le pétrole qui s'écoule au large de la Louisiane (Etats-Unis) creuse tous les jours le déficit financier de British Petroleum. Entre les frais de nettoyage, les tentatives pour mettre fin à la fuite de pétrole et l'aide aux riverains, le pétrolier a dépensé 990 millions de dollars. Et ce n'est qu'un début. Selon les estimations du groupe Crédit Suisse, entre 4 et 10 milliards pourraient être versés pour nettoyer les zones souillées. Et 8,6 milliards pour les actions en justice. Car Barack Obama a prévenu : les responsables paieront. Mardi, l'Etat américain a ouvert une enquête judiciaire pour faire toute la lumière sur la marée noire.
17 milliards de bénéfice net en 2009
Ces mauvaises nouvelles ont accéléré la dégringolade boursière de BP, dont le titre a chuté de 37 % depuis l'explosion et le naufrage de sa plate-forme Deepwater Horizon, le 20 avril dernier. Le groupe, qui a chuté de la deuxième à la quatrième place mondiale, a connu mardi une journée noire : l'action a chuté de 13,10 % à New York. Autrement dit, ce sont près de 20 milliards de dollars de valeur boursière qui sont partis en fumée, mardi. Sa plus forte chute depuis dix-huit ans… Si la situation perdure, certains spécialistes envisagent déjà la possibilité d'une offre publique d'achat (OPA) hostile. Il faudrait pour cela qu'une entreprise tente de racheter plus de 50 % des actions de BP, sans son accord, et en devienne ainsi l'actionnaire majoritaire. Mais le groupe a les reins solides et l'entreprise peut compter sur ses bons résultats lors des exercices précédents. Pour la seule année 2009, BP a réalisé 17 milliards d'euros de bénéfice net.