L'offre de coaching explose

Le coaching regroupe beaucoup de réalités qui inquiète.

A.-S. G.

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Attention aux dérives sectaires dans la formation professionnelle. C'est l'avertissement que la mission interministérielle de vigilance et lutte contre les dérives sectaires, Miviludes, réitère dans son rapport annuel. Ce n'est pas une première. Depuis plusieurs années, cette mission a pointé du doigt les risques liés aux dérives du coaching notamment. Mais cette fois, des propositions pour lutter contre ses dérives émergent, comme la prévention en entreprise.

Une prévention qui devient nécessaire avec la recrudescence de professionnels du coaching. Jean-Pierre Roy, dirigent de Coach Académie, le constate: "il y a une explosion d'offres de coaching aujourd'hui. Avant il y avait 14 organismes de formations, maintenant il y en a plus de 200, et ces quatre dernières années, plusieurs écoles ouvrent tous les mois". Le phénomène du coaching n'est pas nouveau, il existe depuis quarante aux Etats-Unis et au Canada et depuis une dizaine d'années en France. Mais ces dernières années, c'est devenu un phénomène de mode, qui regroupe des réalités très différentes, entre le coach qui se sert des massages ou de compétence en hypnose. Autant de méthode qui ont galvaudé le terme de "coaching".

Le problème, c'est qu'aucune formation reconnue par l'Etat ne valide un diplôme. Tout le monde peut devenir coach. Chez Coach Académie, la moyenne d'âge tourne aux alentours de 45 ans, et peut aller d'une personne titulaire d'un bac+10 à un autodidacte. Le tout, une fois séléctionnée, est de suivre la formation d'un an au sein de l'académie où le futur coach travaillera sur trois registres: l'intellectuel, à savoir la maîtrise des outils techniques, les compétences relationnelles (être à l'écoute, être authentique) et la maîtrise des dynamiques mentales (savoir prendre de la hauteur et gérer différentes personnes).

Ce métier attire. "La croissance du marché est stable. Depuis 5 ans, les clients qui veulent se faire coacher ou ceux qui veulent coacher augmentent de 20% par an. Nous formons une soixantaine de personnes chaque année pour devenir coach ", explique Jean-Pierre Roy.

La crise avec la montée du chômage pourrait inciter plus de personnes à recourir à des coachs professionnels pour se relancer dans une nouvelle activité, ou pour se réorienter. Un phénomène qui est difficilement mesurable, mais qui peut laisser craindre des abus, un nombre de séance importante à des prix exorbitants. En effet, rien n'est figé, le prix de la séance peut aller de 30 euros à 200 euros de l'heure pour un particulier et jusqu'à 600 euros pour une entreprise. Le nombre de séance peut s'étaler d'un mois à 6 mois, explique Jean-Pierre Roy. Mais pour autant, un contrat lie le coach et le coaché sur lequel est écrit stipulé la durée de la formation et les objectifs à atteindre.

Ce, pour éviter, selon le directeur de Coach Académie d'être pris pour un psychologue. Pourtant, la frontière est mince et certains psychologues deviennent coach car le personnel et le professionnel sont forcément liés. D'où le risque d'une emprise du coach sur le coaché, comme le craint Miviludes. Des organismes professionnels, comme la fédération francophone de coachs professionnels a élaboré un code de déontologie et une norme Afnor (association française de normalisation), Afaq Compétences, pour gagner en crédibilité auprès du public.

Si le coaching reste controversé, adoré ou critiqué, pour Jean-Pierre Roy, une chose est sûre, si le coach est bon "les résultats sont immédiats".

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