Le 19 janvier 2000, la loi Aubry II était publiée au Journal officiel et faisait passer la durée du travail hebdomadaire de 39 à 35 heures.

Dix ans après, la mesure est toujours autant critiquée. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a encore estimé lundi que la loi était "la plus grande fumisterie" jamais vue en France.

Démantèlement des 35h

Les gouvernements de droite se sont employés ces dernières années à démanteler ce "carcan", selon les propres mots de Nicolas Sarkozy. Si bien d'ailleurs qu'il ne reste plus grand chose aujourd'hui du dispositif originel.

Le plafond des heures supplémentaires a tout d'abord été augmenté. De 130 heures en 2003, le contingent autorisé par salarié et par an a été fixé à 220 heures en 2004. La loi du 31 mars 2005 a même permis aux entreprises d'aller au-delà de cette limite si un accord était trouvé avec le salarié.

"Travailler plus pour gagner plus"

Avec son fameux "travailler plus pour gagner plus", le président de la République a ensuite voulu augmenter le temps de travail pour permettre aux salariés de toucher davantage sur leur fiche de paie.

La loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (Tepa) d'août 2007 a ainsi prévu des incitations financières et des exonérations fiscales pour les entreprises et les salariés qui ont recours aux heures supplémentaires.

Le gouvernement a ensuite instauré en 2008 la possibilité de racheter ses jours de RTT.

Négociations par entreprises

Et c'est en août de cette même année, que l'assouplissement du texte de Martine Aubry, est allé encore plus loin.

Avec la loi sur la réforme la démocratie sociale et du temps de travail, les 35h restent la durée hebdomadaire légale, mais il est désormais possible d'y déroger par simple accord d'entreprise et non plus au niveau de la branche professionnelle.

Une évolution qui faisait dire au ministre du Travail, Xavier Darcos, dans un entretien au Figaro du 18 décembre dernier, que "les 35 heures obligatoires pour tous sont enterrées".

Jamais abrogées

Mais même si les critiques continuent et que la guerre des chiffres fait rage pour savoir combien le dispositif a créé d'emplois, aucun gouvernement depuis 2000 n'a abrogé le texte.

Et pour cause: la majorité des Français y est très attachée. D'après un sondage BVA du 12 janvier dernier pour le quotidien La Tribune, 53% d'entre eux considéraient ainsi que les 35h n'étaient pas un handicap pour les entreprises françaises.

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