Le marché érotique se porte bien

Le taux de pénétration des sex toys est inférieur à 20% en France contre plus de 50% en Angleterre.

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Des entreprises font faillites, d'autres se créent. C'est le cas du site commercial sexyprive.com, qui est en ligne depuis le 24 octobre. Un site intégralement dédié à l'univers des sex toys (accessoires érotiques allant de la lingerie aux vibromasseurs en passant pas les cosmétiques) à prix discount, avec 40 à 60% de remise. "Pour atteindre ce niveau de remise, nous nous sommes engagés à acheter d'énormes volumes à nos fournisseurs ", explique Vincent Lequeux, directeur général du site sexyprive.com. "Nous misons sur 500 commandes (de trois ou quatre produits) par jour à condition d’accepter de rogner totalement notre marge. Nous ne prenons que quelques euros ou même centimes sur des produits, alors que nos concurrents multiplient le prix d'achat par 2 voir 10". Le plaisir des jeux de l'amour à bas coûts, un concept gagnant pour lui: "Nous avons déjà 15.000 inscrits, et le panier moyen tourne autour de 40 à 50 euros."

L'enthousiasme du directeur général n'est pas partagé par tous les acteurs du secteur, fort nombreux sur la toile. "Des sites se créent aussi vite qu'ils se ferment", constate Christian Foch, co-fondateur de chambre69.com, fort de ses quatre ans d'existence sur ce marché. "Nathalie Rykiel a lancé la mode des sex toys en 2003, la presse a surmédiatisé ces jouets sexuels et internet a permis leur développement. Du coup, beaucoup ont cru que le marché était extrêmement juteux". Pour Christian Foch, il n'en est rien. "Le marché français est tout petit, il est encore en devenir". D'ailleurs, au bout de quatre ans, chambre69.com n'est toujours pas rentable - "peut-être l'année prochaine" et affiche un chiffre d'affaires de 500.000 euros.

Une multitude de petits acteurs veulent aujourd'hui se tailler une part du gâteau mais seuls quelques ténors émergent, comme sexyavenue (qui vend aussi des cassettes pornographiques). "Il écoule 3.000 à 4.000 toys par jour, ce qui ne fait qu'un peu plus d'un million d'unités vendues sur l'année", modère Vincent Lequeux.

Un stand au Printemps

Le taux de pénétration des sex toys est inférieur à 20% en France contre plus de 50% en Angleterre. Pourtant, à en croire l'étude réalisée par Durex sur 2006/2007, 53% des Français estiment que les accessoires sexuels sont facilement accessibles et plus d'un français sur quatre pensent que les sex toys jouent un rôle clé dans l'épanouissement sexuel. Cette ouverture d’esprit apparente est loin de se traduire en chiffre d’affaires. Contrairement aux Anglais, ou aux Norvégiens, les Français sont encore peu "addicts" aux accessoires sexuels. Une question de religion, explique Christian Foch: "Les pays du Nord sont protestants, ils n'ont pas la notion de péché dans leur religion comme chez les catholiques. Pour amener les Français aux sextoys, il faut y aller progressivement, par exemple avec les huiles de massage comestibles, les peintures au chocolat, des cosmétiques qui sont la première porte vers l'univers érotique."

Le marché s'est tout de même démocratisé. La preuve, pour la deuxième année consécutive, chambre69 aura un point de vente au Printemps dédié à la vente de sex toys pour Noël. Le groupe a même convaincu le magasin de mettre en vente le produit phare du moment, le Rabbit, un vibromasseur révolutionnaire (tête pivotante, plusieurs vitesses de vibration, etc…). "L'année dernière ce n'était pas imaginable", avoue chambre 69. Comme quoi, tout change.

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