La filière nucléaire en quelques chiffres

Le nucléaire, c'est 100.000 emplois en France. Le projet d'Henri Proglio entend rebattre les cartes. Mais la réflexion sur la filière ne date pas d'hier.

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La filière nucléaire en France, c'est 58 réacteurs qui représentent une puissance installée de 63 gigawatts, soit 78% de l'électricité produite dans le pays. Selon le ministère de l'Industrie, la construction de ce parc nucléaire a coûté environ 77 milliards d'euros à la puissance publique.

Le secteur nucléaire emploie environ 100.000 personnes en France. EDF et Areva sont les deux principales entreprises du secteur, toutes deux contrôlées par l'Etat. EDF a en charge la gestion et le développement d'un parc de 58 réacteurs en France, répartis sur 19 sites. Ce parc assure 87,3% de la production d'électricité du groupe, très loin devant l'hydraulique (9,4%) et le thermique (3,4%).

En 2008, EDF a investi 2,15 milliards d'euros pour assurer le développement de ses capacités de production d'électricité, qui recouvrent le nucléaire mais également le thermique et les opérations de maintenance du parc hydraulique.

Areva, né en 2001 du rapprochement de Framatome et de la Cogema, opère depuis l'extraction du minerai d'uranium jusqu'au retraitement du combustible, en passant par la réalisation des cœurs de centrales (ilots nucléaires). Complété en 2004 par la reprise des activités Transmission et distribution d'Alstom, aujourd'hui en vente, son modèle est depuis quelques années repris dans de nombreux pays qui souhaitent participer au renouveau du nucléaire dans le monde.

Avec son projet d'entrer au capital d'Areva, Henri Proglio, futur PDG d'EDF, entend rebattre les cartes de la filière. Ce faisant, il relance un vieux projet du président Sarkozy. La réflexion sur le sujet est lancée dès 2007, mais est rapidement perçue comme servant les intérêts de deux groupes: Bouygues, dont le PDG est un proche du président, et Alstom, dont Bouygues est le premier actionnaire.

Les deux groupes vont porter l'idée d'une fusion entre Alstom et Areva. Anne Lauvergeon, patronne du groupe nucléaire, freine des quatre fers. Depuis, l'idée est restée lettre morte.

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