Selon Christine Lagarde, ancienne avocate dans le cabinet américain Baker and McKenzie, les "class action" ou actions de recours collectif donnent lieux à de nombreux abus qu'il faut éviter.

"J'ai vécu de l'intérieur (...) les actions de groupe à l'américaine et je crois qu'il s'agit d'un outil absolument fatal pour ce principe d'équilibre et de lutte anti-abus et anti-excès auquel je suis personnellement très attachée", a déclaré Christine Lagarde, la ministere de l'Economie, à l'ouverture des Assises de la consommation à Bercy.

La patronat opposé

"Dans ces conditions, il me paraît déterminant d'avancer le plus rapidement possible sur les mécanismes de médiation", a-t-elle ajouté. Il faut "prévoir un mécanisme qui permette de parler avant de tirer pour éviter les actions tous azimuts sans fondement sérieux et éventuellement un joyeux embouteillage des juridictions", a-t-elle averti.

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) s'est également déclarée opposée, lundi, à l'instauration en France d'une procédure d'action collective. La CGPME "ne souhaite pas l'instauration en France d'actions collectives , qui, sous couvert de conflits de consommation de masse avec certains grands groupes, risqueraient, au final, de pénaliser également les PME", affirme-t-elle dans un communiqué.

Estimant que "la France dispose d’un droit de la consommation particulièrement protecteur", le syndicat patronal dit vouloir éviter "une judiciarisation excessive de l’économie" et "milite en faveur des voies amiables de règlement des litiges".

Une représentante du Medef, Véronique Discours-Buhot, a également exprimé son opposition aux actions de groupe, lundi à Bercy, où le gouvernement a réuni les Assises de la consommation pour examiner les moyens de "mieux protéger" le consommateur.

Désaccord des associations de consommateurs

Les associations de consommateurs attendent depuis 2005 que se concrétise la promesse des pouvoirs publics d'instaurer en France une "class action", une évolution freinée par le patronat.

L'association de consommateurs CLCV, n'est pas opposée au principe de la médiation. Mais "le problème" dans la médiation telle qu'elle existe aujourd'hui, "c'est que le médiateur est salarié de l'entreprise. Il n'est pas du tout impartial", a expliqué à l'AFP son délégué général, Thierry Saniez, en marge des assises.

Alain Bazot, président d'UFC-Que Choisir, souligne, lui, que son association ne réclame pas "une class action à l'américaine": Dans le cas français, seules des associations de consommateurs pourraient lancer une procédure et pas des cabinets d'avocats.

L'UFC-Que Choisir, a décidé de boycotter les Assises de la consommation, craignant une "mise sous tutelle" par l'Etat et les entreprises. La CLCV "ne cautionne pas" les assises pour les mêmes raisons, mais y était quand même représentée lundi. "Ces assises, en fait, c'est un colloque, on ne peut pas prendre la parole, le Medef est présent à tous les ateliers", a dénoncé M. Saniez.

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