La sortie de crise s'annonce laborieuse pour Alcatel-Lucent. L'équipementier de télécommunications a beau tenir ses objectifs de réduction des coûts, l'évolution des ventes ne répond toujours pas aux attentes des investisseurs.

La sortie de crise s'annonce laborieuse pour Alcatel-Lucent. L'équipementier de télécommunications a beau tenir ses objectifs de réduction des coûts, la croissance des ventes ne répond toujours pas aux attentes des investisseurs.

En témoigne la dégringolade du cours de Bourse de vendredi dernier. Le groupe, dirigé depuis bientôt un an par Ben Verwaayen, n'a pas tenu les attentes du marché en termes de ventes. L'action a plongé de 11%. Après un fort rebond du cours de Bourse durant l'été, les investisseurs ont préféré prendre leurs bénéfices.

Certains analystes estiment que les objectifs de rentabilité du groupe pour cette année -être à l'équilibre d'exploitation- seront difficiles à atteindre. Avec de nouvelles déceptions à la clef, une ritournelle dont le groupe n'a jamais vraiment réussi à se défaire.

Grande prudence

"Pour atteindre son objectif d'une marge d'exploitation à l'équilibre en 2009, le groupe va devoir dégager un bénéfice opérationnel de 325 millions d'euros au cours du quatrième trimestre", note la banque Credit Suisse, ce lundi, dans une note aux investisseurs. "Compte tenu du manque de visibilité sur l'évolution de l'activité, nous pensons que cet objectif sera difficile à atteindre malgré le contrôle des coûts observé au troisième trimestre."

Difficile de taxer les dirigeants du groupe d'un optimisme démesuré. Au contraire, ils font preuve d'une grande prudence. Cette année, les ventes devraient chuter de 8% à 12% à taux de changes constants. Un chiffre en ligne avec les prévisions de dépenses d'investissement des opérateurs.

Perspectives plus solides

En Europe, ces derniers devraient voir leurs investissements se contracter de 8,4% cette année. En Amérique du Nord, la baisse atteindrait 10,2%. Le problème est que derrière ces baisses d'investissements, Alcatel remporte des contrats ou signe de nombreux partenariats pour des technologies d'avenir, comme le LTE.

Dans les solutions IP, Alcatel a récemment signé un accord avec NTT Docomo. Le groupe fournit des clients historiques comme AT&T, Verizon, China Mobile, France Telecom/Orange, ce qui devrait lui offrir des perspectives de développement plus solides à partir de l'an prochain, estiment certains analystes.

Taille critique

Encore faut-il être présent sur les bonnes technologies. Dans certains de ses métiers, Alcatel-Lucent manque de taille critique (division Entreprise) ou n'a pas de relais de croissance suffisamment puissant pour compenser le recul des activités plus matures (VDSL et ADSL dans l'accès par exemple). Dans les services, malgré le mouvement d'externalisation dans la gestion des réseaux de télécommunications, Alcatel-Lucent reste numéro trois derrière Ericsson et Nokia-Siemens Networks (NSN).

Le groupe n'a pas profité du boom de l'économie mondiale ces dernières années, à cause de la consolidation de l'industrie des télécommunications et de l'émergence de concurrents particulièrement agressifs, comme le chinois Huawei. Au-delà de l'abaissement de son seuil de rentabilité, le groupe doit toujours montrer qu'il peut retrouver une croissance solide de ses ventes pour rassurer une bonne fois pour toute les investisseurs.

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