Un fonds de 300 millions d'euros pour près de 32.000 sous-traitants de la filière automobile, ce n'est pas suffisant pour sauver les 32.000 sous-traitants.

Un fonds de 300 millions d'euros pour près de 32.000 sous-traitants de la filière automobile. Est-ce suffisant pour sauver la filière? Non, tous les acteurs en sont conscients. D'ailleurs, parmi la myriade de PME sous-traitantes, toutes ne bénéficieront pas du plan. Seules celles présentant "le meilleur potentiel" seront éligibles, d'après un responsable du fonds. Celles qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros, ce qui devrait concerner entre 50 et 300 entreprises, selon la FIM.

Le montant n'est peut-être pas suffisant, mais il a l'avantage de parer à l'urgence car la crise économique, d'une ampleur exceptionnelle, a accentué les faiblesses de la filière. Les PME sous-traitantes souffrent d'un manque structurel de fonds propres depuis la décision des constructeurs, prise dans les années 80, de devenir simple assembleur. L'avantage pour Renault et PSA Peugeot Citroën est clair: en externalisant la fabrication des pièces (75% d'une voiture est produite par les sous-traitants), ils ont gagné en flexibilité, ajustant leur production au gré de la demande de voitures.

Cette stratégie du "stop and go" met les PME à la merci de leurs gros clients. Les constructeurs peuvent revoir 24h/24 leur plans de charge et les équipementiers doivent alors se débrouiller pour suivre. Pour être prêt à honorer une commande, les sous-traitants doivent disposer en permanence de stocks de matières premières notamment. Or, financer un stock coûte cher. Conjugué à des exigences de rentabilité très élevés, les PME ont dû mal à constituer de la trésorerie, un élément essentiel en cas de coup dur. Le système a bien fonctionné jusqu'en 2004-2005. "Les constructeurs prenaient des parts de marché, donc la croissance était rentable pour tout le monde", explique un analyste.

Seulement aujourd'hui, avec la crise économique qui a engendré un resserrement du crédit, les petites PME ne trouvent plus auprès des banques le moyen de financer leurs stocks. Stocks d'autant plus élevés que les constructeurs ont stoppé leur production depuis décembre. "Nos entreprises ont réalisé peu de chiffre d'affaires en novembre, pas du tout en décembre et n'en feront probablement pas non plus en janvier", explique Yvon Jacob, président de la FIM. "Et elles n'auront pas de rentrée d'argent en février alors que les dépenses -charges fiscales et sociales, traites des fournisseurs- continuent de filer". Le cercle vicieux est en marche.

Tous ne survivront pas. Plusieurs centaines d'entreprises pourraient déposer le bilan en 2009, prévoit la FIM. "Les constructeurs devront faire un choix, déterminer les sous-traitants qui leur sont indispensables et le fonds sectoriel de l'automobile les aidera", prévient Laurent des Places, Associé KPMG spécialiste du secteur automobile. "Les autres, c’est-à-dire ceux qui ne présentent pas un avantage compétitif suffisant, devront s'allier à d'autres sous-traitants ou disparaître".

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