Les trains roulent. Malgré la journée de grève nationale contre la réforme des retraites, 75% des TER, 80% des Transiliens et quasiment tous les TGV étaient en circulation ce jeudi.
Il faut dire que les employés de la RATP ou de la SNCF ne sont pas concernés par la réforme en cours.
Le ministre du Travail, Eric Woerth, l’a assuré: les régimes spéciaux le resteront encore quelques années.
Le gouvernement a présenté il y a quelques jours ses pistes de réformes du système des retraites. Et confirmé qu’il souhaitait reculer l’âge légal de départ au-delà de 60 ans, pour les salariés du public comme du privé.
Les quelque 500.000 actifs et 1,1 million de salariés sous régimes spéciaux, notamment à EDF, GDF, la RATP et la SNCF, seront en revanche épargnés par cette évolution.
«Nous respecterons à la lettre les engagements qui ont été pris en 2007. La peinture est à peine fraîche, les régimes spéciaux ont été réformés et considérablement réformés», a indiqué Eric Woerth mercredi dernier sur LCI.
Après une bataille laborieuse, le statut a en effet été modifié il y a trois ans. Les régimes spéciaux vont ainsi passer progressivement de 37,5 à 40 années de cotisation d’ici 2012, puis 41 annuités en 2016.
Mais les employés pourront partir à la retraite dès 60 ans jusqu’en 2018.
Le gouvernement n’a pas voulu bousculer les échéances. Et braquer des syndicats qui pourraient mettre à mal une réforme déjà impopulaire auprès des salariés du public et du privé.
L’évolution des régimes spéciaux en 2007 avait entraîné une dizaine de jours de grève dans les transports. La tentative de 1995 s’était soldée par le plus grand mouvement de grève depuis mai 1968.
Mais le ministère du Travail a assuré qu’il voulait, à terme, harmoniser les systèmes de retraites.
«L'augmentation de la durée d'activité s'appliquera à tous les Français, mais pour les régimes spéciaux ce sera mis en ouvre une fois leur réforme en cours achevée», a précisé une porte-parole.
La CFDT a utilisé un langage plus imagé: «le gouvernement ne souhaite pas affoler aujourd'hui la volaille qu'il plumera demain».