Certains parlent d’une mission impossible. L'objectif: trouver 95 milliards d'euros pour ramener le déficit à 3% du PIB d'ici 2013.
Nicolas Sarkozy a présenté jeudi de nouvelles mesures pour parvenir à résoudre l'équation, entre réduction des dépenses et garantie d'un minimum de moyens aux services publics. Nous faisons le point sur les pistes envisagées.
François Fillon a annoncé un gel des dépenses de l’État, en valeur, d'ici trois ans, hors charges d'intérêt de la dette et retraites.
Concrètement, cela signifie que le gouvernement ne dépensera pas plus d'argent en 2011, 2012 et 2013 qu'en 2010, quelle que soit l'inflation.
L'Etat compte réduire de 10% ses dépenses de fonctionnement en trois ans. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux sera également poursuivi.
Le premier ministre a aussi exigé de ses ministres une baisse de 10% en valeur de leurs dépenses d'intervention, entre 2011 et 2013.
Le gouvernement veut continuer à s'attaquer aux niches fiscales et sociales.
Il souhaite réaliser cinq milliards d'économies en deux ans, en supprimant ou plafonnant certains dispositifs.
Avec un déficit estimé à 30 milliards d'euros cette année, Nicolas Sarkozy veut combler le trou de la Sécu. Il a annoncé jeudi un infléchissement de l’objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam).
Il est désormais fixé à 2,9% en 2011 et 2,8% en 2012, contre 3,3% en 2009 et 3% cette année.
Pour mieux prévenir le dérapage des comptes, le seuil d'alerte sur les dépenses maladies sera aussi abaissé à 0,5% d'ici 2012-2013 (contre 0,75% actuellement) et le rôle du Comité d'alerte étendu.
L'Etat et la sécurité sociale ne sont pas les seuls à devoir se serrer la ceinture.
Le président de la République veut instaurer un gel en valeur des dotations aux collectivités locales, soit environ 50 milliards d'euros.
Pour obliger les gouvernement actuels et futurs à faire des économies, Nicolas Sarkozy compte aussi modifier la constitution.
Il souhaite que ces derniers soient contraints par la loi de s'engager pour cinq ans «sur une trajectoire de déficit» et sur la date de retour à un déficit «zéro».
Rien de mieux enfin pour sortir les comptes du rouge qu'un retour de l'activité économique pour voir les recettes fiscales augmenter et les aides publiques baisser.
Le gouvernement table sur une croissance de 2,5% dès 2011. Mais Bruxelles a jugé le chiffre bien « optimiste ».