Cette fois-ci, c'est sûr : il faudra bientôt travailler plus longtemps pour bénéficier d'une retraite complète. Mais les hauts revenus devront aussi participer à l'effort. Voilà ce qu'affirme un document du ministère du Travail, envoyé dimanche soir aux partenaires sociaux. Un texte majeur, car il contient les premières orientations «officielles» de la réforme des retraites à venir. Et il pose les bases de la deuxième série de négociations, qui commencera mardi.
Une «contribution supplémentaire» sera donc prélevée «sur les hauts revenus et les revenus du capital». Et elle ne sera pas intégrée au bouclier fiscal, c'est-à-dire que les sommes ne seront pas restituées à ses bénéficiaires. Un geste de «solidarité» de la part des plus aisés que Nicolas Sarkozy avait promis.
Reste que le principe fondateur de la réforme des retraites sera bien l'allongement de la durée d'activité. Cela, Eric Woerth le répétait depuis des semaines: à l'aube d'un papy-boom, et puisqu'on vit plus longtemps, il faudra travailler plus longtemps. Pour le ministre du Travail, c'est une condition indispensable à la sauvegarde du système français, où la génération qui travaille paie les retraites de la génération précédente. Mais le texte ne dit pas quelle option sera privilégiée: report de l'âge légal; ou allongement de la durée de cotisation.
Côté syndical, les réactions sont plus que mitigées. «On veut faire passer la pilule sur l'âge par une mesure symbolique sur les hauts revenus», regrette Jean-Louis Besnard, de l'Unsa. «On demande encore de nouveaux sacrifices aux salariés», constate Eric Aubin, de la CGT. Des manifestations restent prévues le 27 mai et le 15 juin prochains.