Sans «sacrifices», la Grèce fera «faillite.» C’est la menace évoquée ce dimanche par le Premier ministre Georges Papandréou, pour justifier à un pays hostile le gigantesque plan d’austérité auquel il compte le soumettre. Pour recevoir ainsi les fonds de l’UE et du FMI (entre 100 et 120 milliards d’euros sur 3 ans), le dirigeant socialiste devra, entre autres, geler les salaires et augmenter les taxes. Mais la Grèce peut-elle réellement «faire faillite», à l’image d’une entreprise?
Pour une entreprise, faire faillite, c’est se retrouver en cessation de paiement, dans l’incapacité de rémunérer ses employeurs, de payer ses fournisseurs, de rembourser ses créanciers. Quand une société fait faillite, une liquidation de biens ou un redressement judiciaire sont prononcés. Et la société disparaît (ou bien est rachetée) pour cause de surendettement.
En ce sens, un Etat ne peut pas faire «faillite»: il ne peut pas disparaître, être «racheté» par un autre pays. Mais il peut se retrouver en cessation de paiement, incapable de rémunérer ses fonctionnaires et d’assurer ses services publics. C’est ce que risquerait la Grèce sans l’aide internationale. Et c’est ce qui explique le plan de rigueur très lourd exigé par l’UE et le FMI en échange de leur prêt.