La Grèce, nouvelle pomme de discorde entre les membres de l'Union européenne. La chancelière allemande, Angela Merkel, a créé la polémique, mercredi, en se déclarant favorable à l'exclusion «en dernier recours» d'un Etat de la zone euro trop laxiste en matière budgétaire. Un assaut plus particulièrement destiné à la Grèce, que Berlin est toujours réticent à aider financièrement, considérant que le pays doit continuer à mettre en oeuvre des réformes structurelles pour réduire son déficit.
La position de l'Etat allemand, en adéquation avec l'opinion publique du pays, hostile à un tel soutien, détonne avec celle de ses voisins à l'instar de la France, qui prône plutôt la solidarité à l'égard de la Grèce. Les ministres des Finances de la zone euro se sont d'ailleurs accordés, lundi, sur la possibilité d'accorder des prêts bilatéraux à Athènes. Mais cette décision doit encore être validée par les chefs d'Etat et de gouvernement européens lors d'un sommet qui se déroulera, jeudi et vendredi prochain, à Bruxelles.
Or, la position réfractaire de l'Allemagne pourrait retarder la mise en oeuvre de ce plan de soutien à la Grèce. Pour éviter cet écueil, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a de nouveau exhorté, jeudi, l'Union européenne à trouver un accord la semaine prochaine, et à lui octroyer des prêts à des taux d'intérêt non prohibitifs. A défaut, il menace de recourir au Fonds monétaire international. Une décision qui serait vécue comme un désaveu par la plupart de ses partenaires de la zone euro.