Elle a beau faire de la gym pour se relaxer, Christine Pujol commence à « fatiguer ». La présidente déchue de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) vient de passer une huitième nuit auto-séquestrée dans son bureau de la rue d'Anjou (Paris, 8e) pour dénoncer le « putsch » dont elle se dit victime. Lundi, le puissant syndicat hôtelier a élu Roland Héguy à sa tête, par 80,2 % des voix.
« Nous sommes toujours là, nous sommes sereines », nous a confié par téléphone l'assistante de Christine Pujol, qui partage son combat. Saisie en référé, la justice doit se prononcer demain sur la demande d'expulsion formée par la nouvelle direction de l'Umih.
En attendant, les conditions de vie se compliquent. Privées au fil des jours de télévision, de café, d'eau et même de papier-toilette et de savon, les deux femmes n'ont plus accès au cabinet de toilettes jouxtant leur bureau depuis hier. « Ils ont posé un verrou... Mais on est dans l'hôtellerie, on sait s'adapter à toutes les situations », élude pudiquement l'assistante. Les deux femmes l'ont déjà prouvé. Depuis une semaine, ce sont des proches qui leur apportent des vivres dans un panier qu'elles hissent jusqu'au troisième étage à l'aide du câble TV.
Dans la journée, Christine Pujol passe beaucoup de temps au téléphone. Mais cela pourrait ne pas durer. Depuis hier matin, la ligne directe de son bureau a été redirigée vers le standard, qui a reçu comme consigne de ne passer aucune communication. Il ne reste donc plus à cette jeune grand-mère que son portable pour rassurer sa famille. W