Ils devraient être enfin fixés sur leur sort. La direction de Total devrait annoncer aujourd'hui son projet concernant la raffinerie de Dunkerque (Nord) au cours d'un comité central d'entreprise (CCE) très attendu par les 380 salariés du site menacé de fermeture. Selon le quotidien Le Télégramme de vendredi, les dirigeants de Total devraient annoncer leur participation, à hauteur de 10 %, au projet conduit par EDF de terminal méthanier dans le port accueillant des navires transportant du gaz naturel liquéfié : 50 emplois sont prévus. Le CCE, initialement programmé le 29 mars après les élections régionales, a été avancé sous la pression conjuguée à la fin février des salariés et du gouvernement.
Les employés de Dunkerque, dont l'activité est en arrêt provisoire depuis septembre, sont en grève depuis près de deux mois, et occupent les locaux administratifs du site depuis le 16 février. En soutien, les salariés des six raffineries du groupe, inquiets d'un possible « désengagement » du groupe pétrolier de l'activité en France, étaient entrés le lendemain en grève durant une semaine. Mais les syndicats, à l'exception de ceux de Dunkerque, avaient appelé à reprendre le travail après avoir obtenu des garanties sur l'emploi dans la branche. Le retour au calme pourrait être de courte durée. Hier après-midi, le ras-le-bol des grévistes était palpable. « Ce n'est pas un projet de substitution, dénonçait un salarié présent au piquet de grève. Mais comme ça, ils font croire aux gens qu'ils proposent quelque chose de concret. » Environ 250 salariés devraient rallier la Défense, à Paris, où se tiendra le CCE, et manifester dès ce midi. W