Le mot d'ordre: sauver l'industrie française. Nicolas Sarkozy a décrété jeudi la mobilisation générale pour enrayer le déclin de l'industrie française, menacée par la crise, en détaillant à Marignane une série de mesures renforçant les prérogatives de l'Etat notamment dans les entreprises publiques.
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En conclusion des états généraux de l'industrie, le chef de l'Etat a brossé, chiffres à l'appui, un portrait sans fard des difficultés qui ont fragilisé, avant même la crise, les industries «made in France» et proclamé sa volonté de tout faire pour que «la France garde ses usines».
«Vous démontrez qu'on peut être compétitifs et produire en France», a-t-il lancé à des ouvriers du fabricant d'hélicoptères Eurocopter, une filiale du groupe européen EADS, «la France doit garder ses usines, la France doit garder son appareil de production».
Au premier rang des accusés de cette «désindustrialisation», Nicolas Sarkozy a sévèrement étrillé les 35 heures, qui ont selon lui «tué l'industrie française». Il a également mis en cause «les charges sociales françaises» et le manque d'innovation ou d'investissement des entreprises.
Pour inverser la tendance, le gouvernement s'est donc fixé l'objectif ambitieux d'augmenter la production industrielle du pays en volume de 25% (hors secteur de l'énergie) et de «pérenniser» les effectifs industriels, qui ont reculé de plus d'un demi-million d'emplois depuis 2000. Rien que ça.
Tel que décrite par Nicolas Sarkozy, cette nouvelle politique industrielle sera financée par l'Etat dans le cadre du grand emprunt. En plus des 5,5 milliards d'euros déjà alloués aux entreprises innovantes, aux transports et à l'espace, 500 millions d'euros de prêts bonifiés «verts» seront versés aux entreprises qui investissent pour produire propre, a-t-il confirmé.
En outre, 300 millions d'euros financeront la «structuration des filières» industrielles et 200 autres millions une «prime à la relocalisation» des entreprises en France, a ajouté le chef de l'Etat.
Mais surtout, l'Etat va renforcer son rôle dans la définition de la stratégie des entreprises publiques en y nommant des administrateurs supplémentaires issus du ministère de l'Industrie.
Dans le collimateur de Nicolas Sarkozy, le groupe Renault et son projet controversé de délocaliser la production de sa future Clio en Turquie. «Je n'accepte pas que le grand groupe privé automobile PSA ait les deux tiers de ses effectifs en France et que l'autre constructeur automobile ait seulement un tiers de ses effectifs en France, alors que l'Etat en est propriétaire à 15%», a-t-il dit sans citer Renault.
«Qu'on aille créer des usines à l'extérieur, ça me va très bien pour gagner des parts de marché. Mais qu'on aille fabriquer des voitures à l'extérieur pour les ramener en France (...) je ne l'accepte pas», a insisté le Président.