Le premier jour d'une nouvelle vie. La Poste est devenue officiellement hier une société anonyme à capitaux publics, suivant l'exemple de la majorité de ses homologues européennes. Pour inaugurer ce changement de statut, les ministres de l'Economie et de l'Industrie, Christine Lagarde et Christian Estrosi, ont visité hier matin une plate-forme industrielle de traitement du courrier à Bois-d'Arcy (Yvelines). L'occasion d'assurer le service après-vente d'une réforme contestée depuis dix-huit mois par les syndicats et certains partis politiques, craignant qu'elle ne soit une première étape vers la voie de la privatisation de l'établissement.
Rappelant l'ouverture à la concurrence du secteur postal en Europe, prévue le 1er janvier 2011, Christian Estrosi a réaffirmé qu'il était « urgent » de modifier le statut de La Poste pour lui donner « les moyens de modernisation ». Pour répondre à cet objectif, l'entreprise recevra dans les prochains mois 1,2 milliard d'euros de l'Etat et 1,5 milliard d'euros de la Caisse des dépôts et consignations.
Loin de partager l'enthousiasme du gouvernement, le Comité national contre la privatisation de La Poste, regroupant 62 syndicats et associations, s'est réuni hier matin à Paris pour signifier sa volonté de poursuivre la contestation. « La loi réformant le statut de La Poste a été votée, mais c'est autre chose de l'appliquer, a affirmé Hervé Tellier, membre du bureau fédéral de la CGT. Par ailleurs, nous demandons la tenue d'un référendum sur l'avenir du service public postal. »
Pour tenter de faire pression sur le président de la République, le comité a apporté en fin de matinée à l'Elysée les procès-verbaux de la votation citoyenne organisée en octobre dernier, via laquelle 2,3 millions de Français s'étaient prononcés contre le changement de statut de La Poste. Une dernière cartouche qui a pourtant peu de chances d'atteindre sa cible. W