L'édition 2009 est le dernier rapport rédigé par la Cour des comptes sous Philippe Séguin, brutalement décédé en janvier. Nommé président en 2004, l'ancien homme politique de droite avait fait de ce rendez-vous annuel une grand-messe médiatique où les errements de l'Etat étaient abordés sans complaisance. Alors que des rumeurs circulent sur son successeur - le nom de la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, est largement évoqué - le cru 2009 apporte un lot classique d'anomalies dans la gestion des deniers publics.
Si le rapport a particulièrement mis l'accent sur le dérapage des finances publiques dans un contexte de crise, il s'alarme aussi du surcoût des programmes d'armement, notamment l'A400 M, et déplore la pollution des eaux agricoles dans l'indifférence générale. Parmi les « pépites » des investigations de la Cour : les 840 000 billets gratuits (ou presque) des cheminots et les congés « officieux » des contrôleurs aériens (ils travaillent une centaine de jours par an). Autres « privilégiés » : les bénéficiaires de dispositifs de défiscalisation en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et- Futuna. Enfin, pour n'épargner personne, la Cour a examiné les « prunes qui sautent ». En 2007, près d'un quart des amendes sont passées à l'as, relève la Cour, qui s'étonne de l'opacité du traitement des indulgences et réclamations. W