INTERVIEW - Mais Pascal Pennec, le rédacteur en chef adjoint d'AutoPlus, estime que la firme a les reins solides...
Plusieurs millions de Toyota
rappelées pour cause de problèmes sur la pédale d’accélération, la Prius qui a des problèmes de freins... rien ne va plus pour la firme nippone. Pascal Pennec, rédacteur en chef adjoint du service actualités du magazine
AutoPlus décrypte cette affaire.
Ce scandale qui secoue Toyota est-il surprenant?
C’était LA marque réputée la plus fiable. Ça surprend de basculer d’un extrême à l’autre, même si aujourd’hui, c’est difficile encore de faire le tri entre le sérieux et le reste. Le millier de rappels pour une modeste pédale, c’est surprenant. Si vraiment des gens ont été tués, c’est difficilement pensable qu’il n’y ait que ce problème derrière.
Que peut-il y avoir derrière alors?
On peut émettre deux hypothèses. On peut ainsi supposer que c’est un coup monté par le gouvernement américain. On remarque que le problème est tombé sur Toyota à partir du moment où Toyota est devenu numéro un mondial, et General Motors et Chrysler sont quasiment en faillite. Cela explique l’ampleur prise par le phénomène. La seconde hypothèse, c’est qu’il y a vraiment un problème, mais sans doute plus grave que l’accélération. On peut ainsi faire le lien, peut-être à tort, avec des cas d’accidents graves en France, notamment celui d’une Raf4. On en avait d’ailleurs parlé au moment de la polémique autour des Renault. A lire les témoignages, les incidents ont l’air de se ressembler.
Que peut craindre Toyota aujourd’hui?
L’entreprise connaît déjà des difficultés financières car sa valeur boursière a chuté: 22 milliards se sont envolés. Mais c’est sans doute passager, sauf si l’image de Toyota est durablement touchée aux Etats-Unis, car c’est là que la firme réalise principalement ses bénéfices. S’il s’agit d’un simple problème, ça risque de coûter un peu de sous, mais c’est une maison solide. En Europe, il n’y a pas de raison que Toyota soit très touchée. L’entreprise a une image de véhicules costauds, et des ventes naturelles. Ils vont s’en remettre.
Propos recueillis par Oriane Raffin