Passer d'une entreprise «traditionnelle» à une société à bas prix. Les salariés d'Auchan à Mulhouse (Haut-Rhin) attendent dans l'anxiété de connaître leur sort, à la suite de la transformation de ce magasin en premier «hypermarché hard discount» de France.
«On entre dans le dur des négociations. Ils ont été transférés dans une filiale, la Somarvrac, qui ne leur propose pas les mêmes conditions sociales», a commenté hier Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT à Auchan France. Entre autres, les salariés perdront les primes, l'intéressement et la participation accordés aux employés d'Auchan, des «sommes importantes», rappelle la CFDT.
«Une nette orientation discount»
De son côté, la direction a qualifié l'opération d'«expérimentation sans équivalent» dans le pays. Le nom de la nouvelle enseigne sera «Priba par Auchan», selon les informations révélées par Les Dernières Nouvelles d'Alsace le 30 décembre et confirmées hier par un porte-parole au Figaro.
Alors que la mise en service est prévue avant la fin du premier trimestre, le concept n'est pas encore finalisé. «Il y aura une nette orientation discount», a commenté hier Auchan, rejetant les rumeurs de généralisation des caisses automatisées, de chambres froides en libre-service ou encore de remplacement des rayons par des palettes de stockage. Seule certitude, «Priba par Auchan» sera un hybride entre un discounter et un hypermarché, puisqu'il proposera 25.000 à 35.000 produits, contre 2.000 maximum chez un Aldi ou Lidl, mais 80.000 dans un Auchan «traditionnel».
«Une problématique locale très spécifique»
Mais le groupe, qui vient de lancer un autre modèle low-cost en Russie, nie vouloir étendre l'expérience. «Auchan a toujours fait de nombreuses expérimentations dans différents pays. Dans ce cas, il s'agit d'une réponse à une problématique locale très spécifique, du fait des mauvais résultats du site depuis plusieurs années, malgré des investissements.» Une réponse qui ne satisfait pas les syndicats. «Pourquoi les droits obtenus à Auchan sont-ils remis en cause? Ce qu'on peut redouter, c'est qu'on généralise l'alternative Priba ou c'est la porte», résume Pascal Saeyvoet, délégué central FO.