L'inquiétude monte en Europe sur les déficits publics mais la France, elle, emprunte plus. Tout en annonçant de nouvelles dépenses massives dans le cadre du « grand emprunt » qui sera lancé en 2010, le président de la République s'est efforcé, hier, de donner des gages de sa volonté d'assainir les finances du pays. L'inquiétude monte en effet en Europe face à l'explosion des dettes publiques. Pour autant, Nicolas Sarkozy a confirmé que la France investirait 35 milliards d'euros dans des « priorités d'avenir ». La majeure partie des fonds, 22 milliards, seront empruntés sur les marchés financiers, le reste provenant du remboursement par les banques des aides qui leur avaient été consenties. Cette opération, très médiatisée depuis son annonce en juin, va alourdir le déficit public, déjà attendu l'an prochain - hors emprunt - au niveau inédit de 8,5 % du produit intérieur brut (PIB), ainsi que la dette publique, qui devrait atteindre 84 % du PIB en 2010.
Les cinq chantiers retenus sont l'enseignement supérieur et la formation (11 milliards), la recherche (8 milliards), l'industrie et les PME (6,5 milliards), le numérique (4,5 milliards) et enfin le développement durable (5 milliards). Sur chaque chantier, des entreprises privées devraient être incitées à participer au financement, ce qui devrait porter au total à « 60 milliards d'euros d'investissements publics et privés que nous allons déclencher dans cinq domaines prioritaires », a précisé le Président. L'argent ne servira à « aucune dépense courante », a insisté le chef de l'Etat, avant d'ajouter que les intérêts qu'il coûtera seront compensés par « des économies supplémentaires sur les dépenses courantes de l'Etat ».