Sarkozy dorlote Pôle emploi

Un discours très ­­- voire trop imiste pour remobiliser les troupes. S'exprimant hier devant 1 700 cadres de Pôle emploi à Paris, Nicolas Sarkozy a rendu hommage au travail, au « sens de la responsabilité » et à l'ouverture au « dialogue social ...

Maud Noyon et Delphine Bancaud

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Nicolas Sarkozy, hier, s'exprimant devant 1 700 cadres de Pôle emploi.

Nicolas Sarkozy, hier, s'exprimant devant 1 700 cadres de Pôle emploi. — F. MORI / POOL / AFP

Un discours très ­­- voire trop - optimiste pour remobiliser les troupes. S'exprimant hier devant 1 700 cadres de Pôle emploi à Paris, Nicolas Sarkozy a rendu hommage au travail, au « sens de la responsabilité » et à l'ouverture au « dialogue social » des 48 000 agents de l'institution. Promoteur de la fusion ANPE-Assedic, qui a donné naissance fin 2008 à Pôle emploi, il a insisté sur les « excellents résultats » obtenus dans le traitement des dossiers en instance des demandeurs d'emploi, « en moyenne de deux à quatre jours ». Un bilan positif, malgré la situation « difficile » qui suscite son « admiration ». Rien que ça.

Cette avalanche de compliments a séduit les responsables de Pôle emploi, déboussolés par la fusion et la crise économique. Mais occulte en partie une réalité plus complexe. « Quatre jours pour un dossier, ce sont des délais qu'on peut tenir, pour le paiement des indemnités par exemple. Mais c'est au détriment d'autres tâches, comme le suivi spécifique des demandeurs d'emploi », reconnaît Sylvie, chef d'agence à Sarlat (Dordogne). Car à l'heure actuelle, un conseiller Pôle emploi s'occupe en moyenne de 94 chômeurs. Pour alléger la charge de travail et améliorer le suivi, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il n'était « pas fermé » à une augmentation des effectifs « dans les régions où la situation est la plus tendue ». Une promesse non chiffrée et assortie de conditions, puisqu'il a précisé que ces renforts seraient temporaires, alors que les besoins sont « environ de 60 000 agents » en période normale, a estimé Noël Daucé, secrétaire général du SNU Pôle emploi-FSU. Un bon moyen aussi de prévenir une autre grève, celle d'octobre ayant été suivie par un tiers des agents. Et ce, malgré la marche forcée vers le guichet unique voulu d'ici à la fin de l'année par le chef de l'Etat. Mais réalisable, selon les cadres et les syndicats, pas avant quelques années. W

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