ECONOMIE - Juppé et Rocard ont remis leur copie ce jeudi...
«C’est le même, rassurez-vous», plaisante Alain Juppé, à l’Elysée, alors qu’avec Michel Rocard, ils détiennent chacun en main un exemplaire du rapport sur le grand emprunt remis ce jeudi au président de la République. Sans surprise, la commission Juppé-Rocard propose un investissement public «tourné vers l'innovation» de 35 milliards d'euros.
Les deux hommes ont travaillé main dans la main. «Il est beaucoup plus supportable que ce que je croyais avant», s’amuse l'ex-Premier ministre Michel Rocard. Quant au maire (UMP) de Bordeaux, il évoque même un «baby blues» après la remise du rapport: «On a rendu notre bébé, on va devoir se séparer maintenant.»
Quant au contenu du «bébé», on retrouve au coeur du projet la construction d'«un nouveau modèle de développement, plus durable». Sept axes ont été définis. Seize milliards d'euros seront consacrés à l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation, 2 au développement des PME innovantes, 2 pour accélérer le développement des sciences du vivant, 3,5 pour développer les énergies décarbonées, 4,5 pour faire émerger la ville de demain, 3 pour inventer la mobilité du futur et 4 pour investir dans la société numérique.
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Campus d'innovation technologique
Dans le domaine de l'enseignement et de la recherche, par exemple, des campus d'innovation technologique de dimension mondiale pourront être créés grâce à cet investissement et les résultats de la recherche publique seront mieux valorisées.
Les fonds seraient affectés à des organismes gestionnaires, comme l’Ademe ou Agence campus d’excellence, et gérés de manière étanche par rapport au reste du budget de l'Etat, indique le rapport, qui précise qu'un comité de surveillance pourrait être mis en place pour contrôler leur utilisation. Sur les 35 milliards, 20 milliards seraient remboursables car affectés à des prêts aux PME, des avances remboursables, des dotations...
60 milliards d’investissements au total
Alain Juppé a confirmé lors de la conférence de presse de présentation du rapport que la meilleure solution pour ce grand emprunt était de «recourir au marché» et non aux particuliers, indiquant que les taux étaient aujourd'hui «très bas». La commission avait néanmoins annoncé, dès le début, qu’elle n’émettrait aucune préconisation sur les modalités.
Comptant sur l’effet levier - un investissement en entraîne un autre - la commission espère que l’investissement total induit par l’emprunt national atteigne les 60 milliards. Michel Rocard cite ainsi l’exemple d’Airbus, qui devrait bénéficier d’aides pour la recherche. «Je ne vois pas les industriels concernés refuser de cofinancer la recherche», a-t-il souligné.
Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il rencontrerait à partir de la semaine prochaine les partenaires sociaux tandis que le Premier ministre verra les représentants des forces politiques. Les arbitrages seront rendus début décembre. «La mise en œuvre sera du ressort du gouvernement», précise Alain Juppé. Elle pourrait intervenir dès le début de l’année prochaine.»
O. R.