AGRICULTURE - Il sera annoncé «dans quelques jours»...
François Fillon a annoncé ce jeudi qu'un plan d'urgence «massif» pour l'agriculture était en préparation. Ce ne sera pas lui qui le présentera mais Nicolas Sarkozy, «dans quelques jours», a précisé le Premier ministre en marge d'une visite à
Sarrebourg, en Moselle.
Quel est le contexte?
Plusieurs filières sont en crise. Depuis plusieurs mois, les producteurs laitiers français, suivis par leurs collègues de nombreux pays de l'UE, se disent étranglés par
la chute des prix du lait à la production, parfois de plus de 50% par rapport à un pic en 2007-2008. Outre le lait, d'autres filières sont en crise, comme celle
des fruits et légumes et plus récemment, celle du porc. Les producteurs réclament donc au gouvernement des aides.
Que prévoit ce plan?
Cela reste flou. Le ministère de l'Agriculture, joint par 20minutes.fr, affirme ne pas être au courant et renvoie vers Matignon ou l'Elysée. «Ce sera un plan à la fois qui permettra d'aider ceux qui sont en difficulté en prenant en charge les cotisations, en prenant en charge les intérêts d'emprunt», s'est contenté d'indiquer François Fillon, sans détailler davantage: «Ce sera aussi un plan tourné vers l'avenir, un plan qui montre que le gouvernement croit en sa filière agricole avec des dispositifs qui permettront d'aider à sa modernisation».
Quel sera son montant?
Environ 2 milliards d'euros. «C'est un plan, au fond, qui sera aussi important, aussi stratégique que celui qu'on vient de décider pour les petites et moyennes entreprises avec un certain nombre de mesures qui en seront proches», a argué le chef du gouvernement. Nicolas Sarkozy avait détaillé le 5 octobre un
plan de 2 milliards d'euros à destination des PME, visant notamment à consolider leurs fonds propres. «Tout l'argent qu'on mettra dans ce plan de soutien, c'est de l'argent qu'on empruntera, il faut que chacun le sache», a glissé François Fillon.
Peut-on comparer ce plan avec celui des banques?
Non. Alors que des agriculteurs évoquaient
le plan bancaire (automne 2008, avec une première tranche de 10,5 milliards d'euros, ndlr), François Fillon s'est exclamé: «Ne prenez pas comme exemple le plan de soutien aux banques, je vous en supplie! (...) Si vous voulez qu'on fasse un plan de soutien comme on a fait aux banques, on va vous prêter quelques milliards à 8%, vous nous les rembourserez au bout de six mois et on aura gagné 500 millions», a-t-il poursuivi en riant.
C. F. avec agence