Orange, SFR et Bouygues Telecom comptent dominer le marché tant qu'ils pourront. La bataille autour de l'arrivée d'un quatrième opérateur connaît de nouveaux rebondissements. Hier, le plus petit des trois acteurs historiques, et donc celui qui pourrait le plus en souffrir, a indiqué avoir déposé deux recours devant le Conseil d'Etat. Bouygues Telecom estime que les conditions offertes à un nouvel entrant sont trop favorables. Il demande l'annulation du décret qui fixe le prix de la licence à 240 millions d'euros, ainsi que de l'arrêté qui a autorisé l'appel d'offres. Quelques heures plus tard, Vivendi, maison mère de SFR, a elle-aussi déclaré avoir fait la même demande concernant le prix.
Actuellement, les entreprises qui souhaitent vendre de la téléphonie mobile doivent acheter en gros des minutes de communication aux trois opérateurs historiques - les seuls à posséder un réseau -, pour les proposer ensuite au détail. Celui qui obtiendra la quatrième licence mobile pourra déployer son propre réseau et être plus compétitif en maîtrisant ses coûts. Il viendra donc marcher sur les plates-bandes d'Orange, SFR et Bouygues, qui contrôlent aujourd'hui largement ce marché de 59 millions de clients. La passe d'armes de Bouygues intervient alors qu'il ne reste que huit jours aux candidats pour se déclarer. Pour autant, seul le fournisseur d'accès à Internet Free a confirmé officiellement qu'il déposerait un dossier. Prêt à payer la licence et le milliard d'euros qu'il faut ajouter pour construire un réseau, l'inventeur des forfaits téléphonie-Internet haut débit-télévision à 29,90 euros affiche clairement sa volonté de révolutionner les offres. A l'inverse, le groupe Bolloré a indiqué, hier, qu'il renonçait à postuler, faute d'avoir trouvé un partenaire, un abandon qui suit ceux de l'opérateur égyptien Orascom et de l'opérateur mobile Kertel. De même, Omer Telecom, maison mère de Virgin Mobile, laisse penser qu'il a jeté l'éponge, en optant pour le rachat de Tele2 Mobile France, une solution moins coûteuse pour augmenter son nombre d'abonnés. Restent le câblo-opérateur Numericable et l'opérateur Virgin Mobile, qui affirment travailler à une candidature commune. Les deux partenaires doivent dévoiler leur décision ce matin. W