FINANCE - C'est la saison des résultats trimestriels à Wall Street. Et avec elle, celle de l'annonce de grasses récompenses...
De notre correspondant à Los Angeles
Nicolas Sarkozy estime que les banques françaises deviennent «exemplaires». De l'autre côté de l'Atlantique, beaucoup gardent leurs mauvaises habitudes.«Préparez-vous à une nouvelle vague de colère populaire»,
prévient le HuffingtonPost.
En annonçant jeudi un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars au 3e trimestre, la banque d'affaires Goldman Sachs a prévenu que les bonus versés cette année devraient atteindre plusieurs milliards de dollars, et approcher les niveaux records de 2007. Même situation chez JP Morgan. Même l'assureur AIG, dont l'Etat possède désormais 80% après avoir injecté
180 milliards de dollars, devrait encore verser près de 200 millions de dollars de prime (contractuelles) en mars prochain, malgré le scandale de
celles du printemps dernier. Rien n'aurait-il changé, malgré la crise, les gros yeux de Barack Obama et l'arrivée en poste de Kenneth Feinberg, chargé de superviser l'emploi fait par les banques de l'argent public du
bailout (sauvetage)? Pas tout à fait.
Pas de bonus pour le patron de Bank of America
D'abord, il y a quelques bons élèves. Comme le patron de Bank of America, Kenneth Lewis, sur le départ,
qui ne recevra ni salaire, ni bonus cette année (sur forte suggestion de Kenneth Feinberg). Mais surtout, si certaines banques d'affaires vont autant distribuer, c'est... qu'elles peuvent se le permettre. Goldman Sachs a remboursé les 10 milliards de dollars qu'elle avait reçu du gouvernement, levé 11 milliards en augmentation de capital et, profitant de la faillite de certains concurrents, réalisé de jolis coups.
Certes, certains
trouvent cela «immoral» que des banques d'affaires aient pu tirer profit d'une crise qu'elles ont contribué à créer en prenant des risques fous. Surtout que dans le même temps, des banques régionales, qui ne font que la subir, mette la clé sous la porte. Mais depuis quand la morale est une préoccupation de Wall Street?
Philippe Berry