La gauche râle toujours sur les taxes. Mais que la droite s'en prenne à Sarkozy, c'est nouveau. A tel point que le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a rappelé la majorité à l'ordre. «Je préfère qu'on ait des débats vivants, mais il faut aussi du sang-froid», a-t-il plaidé jeudi sur Europe 1. Tour d'horizon des dossiers qui divisent.
La nouvelle taxe sur les banques La majorité est divisée sur l'amendement adopté dans la nuit par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, et qui instaure une taxe de 10% sur les banques. «Les contribuables ont aidé les banques qui se retrouvent dans une situation bénéficiaire et distribuent des bonus», s'est justifiée la députée UMP Chantal Brunel. Une position critiquée par le conseiller spécial de l'Elysée Henri Guaino, qui s'est inquiété que la fiscalité soit traitée «par petits morceaux avec des réactions désordonnées».
Le bouclier fiscal et la CRDS Un rapport du député UMP Jean-Luc Warsmann, publié mercredi, remet en cause la mesure budgétaire symbole du gouvernement, qualifiée depuis toujours par la gauche de «cadeau aux riches». Habituellement défendu bec et ongles par la majorité, le bouclier limite à 50% des revenus d'une personne le montant de tous les impôts qu'elle peut payer. Mais le rapport Warsmann propose d'en exclure la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), qui sert à boucher le trou de la Sécu, car «cette dette est une cause nationale qui suppose la solidarité de tous». Prélevée sur tous les revenus, la CRDS aurait dû disparaître en 2014, mais le remboursement de la dette n'est plus attendu avant 2021. « Cette affaire est tellement injuste, que même à droite, ceux qui l'ont votée il y a quelques mois sont dans le remords », a affirmé hier le député Michel Sapin.
Le remboursement de la taxe carbone L'Association des maires de France (AMF), menée par son président UMP Jacques Pélissard, est montée au créneau hier. « Nous nous battrons pour qu'il y ait un retour », a-t-il déclaré hier, scandalisé par le fait que les collectivités locales ne récupéreront pas la taxe carbone qu'elles paieront sur leurs factures d'énergie, contrairement aux ménages et aux entreprises. « Cela représentera des centaines de millions d'euros », a confirmé le secrétaire général socialiste de l'AMF, le socialiste André Laignel.
La taxe professionnelle et les finances locales La suppression partielle de cet impôt payé par les entreprises bouleverse les élus locaux, inquiets pour les ressources des régions, départements et communes. Un amendement adopté mercredi par la commission des Finances donne plus de recettes aux villes, mais cet effort était jugé insuffisant, hier. L'Association des petites villes de France a réclamé une année de réflexion pour « élaborer un texte réellement cohérent ».
La baisse de la TVA dans la restauration «Un restaurateur sur deux qui a baissé ses prix, ce n'est pas suffisant. Il faut aller plus loin», a reconnu le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, alors qu'il convoquait d'urgence les neuf syndicats signataires de l'accord sur la baisse de la TVA de 19,6 à 5,5 %. La droite est gênée, la gauche enfonce le clou. « Nous avions dit, "attention, il faut un engagement réciproque pour que l'on ne donne pas l'argent à fonds perdu"», a rappelé jeudi le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, soulignant que la mesure a coûté 2,7 milliards d'euros à l'Etat, «payés par la dette».