Le dernier déficit record de la Sécu, 11 milliards d'euros en 2004, est explosé. Cette année, le déficit des quatre branches (maladie, accidents du travail, vieillesse et famille) atteindra 23 milliards d'euros. L'an prochain, il grimpera à 30 milliards, pour 300 milliards d'euros de dépenses. « C'est la conséquence directe d'une récession inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », a expliqué hier le ministre du Budget, Eric Woerth, en présentant le projet de budget 2010.
Plombée par le chômage, la masse salariale devrait reculer de 2 % cette année, ce qui représente 12 milliards d'euros de cotisations sociales en moins. Auxquels il faut ajouter une perte de trois milliards du côté des cotisations et taxes prélevées sur les plus-values financières et immobilières ainsi que sur les dividendes. L'an prochain, la perte de recettes totale monterait à 22 milliards d'euros, le retour de la croissance n'étant pas suffisant pour générer de l'emploi.
De quoi faire plonger la Sécu, qui génère en temps « normal » un déficit d'environ 8 milliards d'euros. Hors crise, seul le budget de l'assurance-maladie est sous contrôle, et encore, à force de réductions des dépenses et de prélèvements supplémentaires. Les déficits des branches vieillesse et famille, eux, se creusent chaque année. Autant dire que les trois milliards d'euros d'économies présentées hier ne suffiront pas. W