INTERVIEW - Le vice-président de l'Assemblée nationale et membre de la commission des finances défend les orientations présentées ce mercredi par le gouvernement...
Le budget 2010, présenté ce mercredi par Eric Woerth, affiche un déficit de 116 milliards. La réforme de la taxe professionnelle coûte à elle seule 12 milliards d'euros. Le moment n'est-il pas mal choisi?
Au contraire. Ce n'est vraiment pas le moment de diminuer les dépenses publiques. Il faut surtout éviter le risque de rechute en favorisant la relance. Le meilleur moyen de le faire c'est d'aider les entreprises à investir et à être compétitives afin qu'elle embauchent. En même temps, on prépare l'avenir augmentant le budget de l'université et de la recherche.
Mais les ménages n'ont-ils pas eux aussi besoin d'un coup de pouce et rapidement?
Ils ne sont pas oubliés. Le Revenu de solidarité active, la hausse du minimum vieillesse et le prolongement du prêt à taux zéro pour l'achat d'un logement neuf, notamment, vont dans ce sens.
Certes, mais la prime à la casse baisse et la taxe carbone va dans un premier temps peser sur le porte-monnaie...
La taxe carbone, c'est aussi quelque chose qui prépare l'avenir. Il faut qu'on change notre mode de vie. Tout cela est logique. Comme l'a dit François Fillon, c'est un budget volontariste car il favorise la relance et vert car il respecte le Grenelle de l'environnement.
Le gouvernement semble plus inquiet pour le déficit de la Sécurité sociale puisqu'il prévoit d'augmenter le forfait hospitalier et de dérembourser certains médicaments...
C'est parce qu'il faut sauver notre système de santé, le meilleur au monde. Là encore, la reprise de l'activité et donc de l'emploi fera automatiquement baisser le déficit. Et puis la
Révision générale des politiques publiques ainsi que la réforme des collectivités territoriales vont alléger les dépenses. Tout cela est cohérent.
Propos recueillis par Catherine Fournier