Le chômage a beau ralentir, il augmente toujours. Ce n'est donc pas un hasard si la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez, ont choisi de présenter aujourd'hui «les priorités de la rentrée du gouvernement en faveur de l'emploi», deux jours après la publication de chiffres confirmant la tendance à la hausse du chômage. La baisse surprise du mois de juin est oubliée, les 10 700 inscriptions supplémentaires enregistrées par Pôle emploi en juillet ont rappelé à tous que la crise battait son plein et que l'emploi n'avait pas fini de trinquer. Dans une interview exclusive à 20 Minutes, la ministre de l'Economie explique le contenu de son plan de « mobilisation pour l'emploi ». Outre des moyens supplémentaires pour Pôle emploi, un effort de pédagogie sera mené pour expliquer aux publics concernés les mesures d'aide à l'emploi dont ils peuvent bénéficier
>> L'interview exclusive de la ministre de l'Economie est à lire ici.
Une action dont certains doutent qu'elle suffise alors que le taux de chômage pourrait grimper à 10 % dès la fin de l'année. « l faut donner plus de moyens aux outils existants, comme les réductions de charges sociales, l'accompagnement de salariés licenciés ou les formations», insiste Nicolas Bouzou, fondateur de la société d'études économiques Asterès. « Le plan de relance a été largement insuffisant », estime de son côté Mathieu Plane, économiste au Centre de recherches en économie de Sciences-Po. A Pôle emploi aussi, la stratégie gouvernementale ne fait pas l'unanimité. « Les inscriptions n'ont jamais été aussi importantes. Chaque conseiller gère en moyenne 150 demandeurs d'emploi, et cela monte à 250 dans les bassins d'emploi sinistrés, contre 90 avant la crise. Dans ces conditions, aucun suivi n'est possible. Et les nouveaux recrutements représentent seulement un agent par agence », affirme Jean-Cyril Le Goff, délégué syndical central Unsa. Quant aux fiches pédagogiques, « c'est bien mais cela fait vingt ans que cela existe. Ce n'est pas ça qui va faire reculer le chômage ».