Où en est-on de la crise?

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Publié le 26 août 2009.

ECONOMIE - En France, certains indicateurs repassent au vert, d'autres non... 20minutes.fr fait le point...

Du bilan de mi-parcours du plan de relance, à la réunion sur les bonus en passant par le lancement du grand emprunt, la crise est toujours à l'agenda de l'exécutif en cette rentrée. Et pour cause. Si certains indicateurs repassent au vert, d'autres restent dans le rouge. Où en est-on? 20minutes.fr fait le point.

Fin de la récession…
Oui, techniquement, c'est la fin de la récession en France. Puisque être en période de récession signifie une croissance négative du PIB pendant deux trimestres consécutifs. Or, les estimations de croissance pour le deuxième trimestre de l'année 2009 sont de 0,3%. Il y a donc une très légère hausse qui marque la fin de la récession. «Mais cela ne veut pas dire qu'il y a une vraie "reprise". Un terme derrière lequel se cache l'idée fausse de quelque chose de fort et de durable», prévient Nicolas Bouzou, économiste.
 
…mais pas fin de la crise
En effet, si la croissance redevient positive, «nous ne connaissons pas l'ampleur de la reprise», explique Isabelle Job, spécialiste du secteur bancaire. «Cela signifie juste que nous avons atteint le creux de la vague et que nous remontons, mais nous ne savons pas à quel rythme», ajoute-elle. Il est donc dangereux de parler de reprise. Pour Nicolas Bouzou, «cette crise a été d'une rare violence. L'économie mondiale a fait un arrêt cardiaque.» Si la situation est moins mauvaise, «nous ne somme pas prêts à courir un marathon, nous sommes encore en convalescence», précise-t-il.
 
Moins de chômeurs…
Pour l'économiste, «nous serons en sortie de crise quand l'emploi commencera à repartir». Une reprise de l'emploi traduirait non seulement un surcroît d'activité mais aussi le retour de la confiance des entreprises. Mais pour le moment ce n'est pas le cas. Bien sûr, les chiffres du chômage sont meilleurs que ceux du début d'année (+ 90.000 en janvier), mais cela ne pouvait pas être pire. «On ne peut pas avoir 100.000 chômeurs en plus chaque mois, arithmétiquement ce n'est pas possible», poursuit le spécialiste. «Les chiffres sont meilleurs, mais parce qu'on les compare au pire», ajoute Nicolas Bouzou. Isabelle Job met aussi en garde: «Il faudra voir si la reprise est stable une fois que nous aurons enlevé les perfusions», c'est-à-dire les aides instaurées ans le cadre du plan de relance de l'économie.
 
mais des risques de rechute…
Si Patrick Devedjian s'est dit satisfait des avancées du plan de relance, «nous ne sommes pas à l'abri d'une rechute», prévient Nicolas Bouzou. «La consommation des ménages peu chuter et surtout l'inflation risque de reprendre», souligne-t-il. En d'autres termes, nous risquons, début 2010, de connaître une nouvelle période difficile. En effet, d'ici à la fin de l'année, la prime à la casse disparaîtra. Une aide qui a permis de soutenir, cette année, la consommation des ménages. De plus, «une consécration de la reprise engendre généralement des taux d'intérêt plus élevés», souligne Isabelle Job. Il faut donc s'attendre à une reprise de l'inflation. «Ce qui aura des conséquences sur le marché de l'immobilier, car les crédits auront des taux plus élevés», ajoute Nicolas Bouzou.
 
…et des réparations en cours
«Il faut réparer le secteur bancaire, et rétablir la confiance» des banques et des épargnants, poursuit l'économiste. C'est-à-dire en relançant la collecte de l'épargne et les crédits.» Des conditions essentielles, selon lui, pour remettre en marche notre économie. Un avis partagé par Isabelle Job. Pour relancer la machine, «il faut rétablir la confiance, pour que les ménages fassent à nouveaux des crédits». Mais le problème est que la crise que nous subissons depuis un an est due à une bulle de crédits justement. «C'est pour cela qu'il est difficile de savoir quelle sera l'ampleur du redémarrage de l'économie, car les ménages sont devenus méfiants», souligne la spécialiste.
 
… sauf pour certains
Si les ménages sont méfiants, d'autres semblent avoir déjà oublié comment la crise est arrivée. «On vient de le voir avec la réunion sur les mesures sur les bonus», souligne Nicolas Bouzou. Toutes les leçons n'ont pas été tirées. «Il faut attendre le G20 de Pittsburgh, fin septembre, pour voir si nous réformons ou non notre système bancaire, explique Isabelle Job. Mais nous risquons d'aboutir à une vision consensuelle des mesures à prendre», prévient-elle. Tout n'est pas encore gagné. Comme le souligne le Prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz, le monde sera «tout juste» remis de la crise dans «quatre ans». Il estime que la timide amélioration de la conjoncture n'est qu'une «illusion».
Maud Descamps
Emploi

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