Selon Baudouin Prot, les banques se sont engagées à un «renforcement de la gouvernance, de la transparence» et à «la mise en place d'un système de bonus malus», à savoir que les salariés seront désormais associés non plus seulement aux profits mais aussi aux pertes éventuelles de leur établissement. En outre, «le régulateur et les actionnaires de chaque banque» devront être «informés de l'enveloppe mais aussi de la méthode de calcul de ces rémunérations variables».
Toutefois, «la difficulté tient au fait que cet encadrement ne peut être mis en place dans un seul pays», a-t-il fait valoir, alors que les banques françaises craignent qu'une initiative française isolée ne les pénalise par rapport à leurs concurrentes dans d'autres pays.
Les mesures attendront le G20
Nicolas Sarkozy avait justement souligné, lors de la réunion, l'importance de l'initiative française en matière de régulation, insistant toutefois sur le fait que l'initiative doit être suivie internationalement. Tout d'abord, «je souhaite que nous définissions le cadre d'une initiative française (sur la rémunération des traders) dans la perspective du G20 de Pittsburgh», qui doit se tenir les 24-25 septembre. «Je ne ménagerai pas mes efforts pour faire émerger sur ce sujet une approche européenne».
Deuxièmement, «le problème est international et il doit être traité internationalement mais la France ne s'alignera pas sur le moins-disant ni n'attendra pour agir», a-t-il dit, souhaitant «que les banques françaises adoptent un comportement exemplaire». «Discutons des mesures nationales qu'il faut adopter immédiatement».
Enfin, «je ne veux pas que plane la moindre suspicion sur l'emploi des fonds publics», a assuré le chef de l'Etat. «Si l'Etat est intervenu, c'est pour que les banques soutiennent les entreprises et prêtent aux ménages, pas pour qu'elle spéculent». C'est la septième fois, cette année, que Nicolas Sarkozy reçoit les représentants des banques.
«Continuer à accompagner les entreprises»
Il a également exhorté les banquiers à «continuer à accompagner les entreprises» au cours des prochains mois «qui resteront difficiles», mettant en garde contre un étouffement des «signes de reprise» par un resserrement du crédit.
Le chef de l'Etat a demandé de «continuer à tout faire pour financer l'économie», selon ses propos liminaires à la rencontre, diffusés par ses services. «Aujourd'hui, la progression des encours de crédit reste positive en rythme annuel, mais je constate une décélération sur les derniers mois», a poursuivi le chef de l'Etat. «Je voudrais que nous examinions ensemble les moyens à mettre en oeuvre pour tenir, voire dépasser les objectifs que nous avons fixés dans le cadre du plan de financement de l'économie».