ECONOMIE - Les banquiers sont reçus ce lundi à Bercy et mardi à l'Elysée pour une mise au point sur le versement des bonus...
«Il faut être catégorique», Frédéric Lefebvre donne le ton. Le porte-parole de l'UMP a suggéré que l'Etat cesse de travailler avec les banques qui ne respecteraient pas leurs engagements en matière de bonus, à la veille d'une nouvelle réunion des banquiers avec Nicolas Sarkozy. «S'il y a des banques qui ne jouent pas le jeu des mesures qui ont été arrêtées au niveau international, il ne faut pas hésiter à ce que les autorités publiques ne travaillent pas» avec elles, a-t-il estimé.
Des déclarations tenues alors que la ministre de l'Economie Christine Lagarde, recevait, ce lundi, à Bercy les représentants des banques françaises pendant près de trois heures, pour préparer la réunion qui se tiendra mardi. Aucun participant n'a fait de commentaire à l'issue de la réunion.
Une réunion de préparation
Cette «réunion préparatoire» qui a démarré à 11h30, s'est achevée vers 14h20, en présence notamment du président de la Fédération bancaire française (FBF) Georges Pauget, et du directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot, qui lui succèdera début septembre, a précisé l'entourage de Christine Lagarde.
Des représentants de la Banque de France et de la Commission bancaire étaient aussi présents, et le médiateur du crédit aux entreprises René Ricol a participé à «une partie de la réunion», sur des questions liées au crédit aux entreprises, a-t-on précisé de même source. La ministre de l'éconimie avait demandé aux banquiers des propositions sur les rémunérations variables, pour aller «plus loin» que les dispositions actuellement en place. Le débat sur le versement de bonus par les banques a été relancé le 5 juillet dernier. La journal Libération avait révélé qu'un milliard d'euros serait versé en fin d'année par la BNP-Paribas à ses traders.
Les banquiers passent à table
«Il y a beaucoup de choses qui ont déjà été faites, mais il faut aller beaucoup plus loin (...) on verra ce que les banquiers mettront sur la table» mardi, a déclaré Frédécric Lefebvre. «Nous à l'UMP, on veut que les banquiers rendent des comptes, à la fois sur le crédit (...) et sur la question des bonus (...). Notre pays est exemplaire, je veux dire les autorités politiques de notre pays sur la scène internationale,
il s'agit que nos banques le soient aussi», a insisté l'ancien député des Hauts-de-Seine.
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«Il y a des décisions qui ont été prises, elles doivent être strictement appliquées. Je souhaite que les autorités de contrôle dans notre pays jouent un jeu de contrôle beaucoup plus poussé que ça n'a été le cas», a également recommandé le porte-parole. Même son de cloche du côté de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). La «poursuite» des aides de l'Etat au secteur bancaire «doit être conditionnée au respect des obligations» en matière de crédit, a estimé, ce lundi dans un communiqué la CGPME. L'organisation juge «impératif de prendre des mesures fortes pour imposer une réelle transparence» sur le sujet.
Donnant-donnant
«Il est parfaitement incompréhensible pour les chefs d'entreprise que les banques, prétextant la faiblesse de la demande de crédit, ne respectent pas leur engagement pris (...) en échange du soutien public dont elles bénéficient», écrit la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) dans un communiqué.
Les grandes banques françaises se sont engagées en octobre 2008 à faire progresser de 3 à 4% en 2009 le volume de crédit accordé aux ménages et aux entreprises. Selon les chiffres de la Banque de France, l'encours de crédit est en baisse de 0,4% sur le premier semestre de l'année.
M.D avec agence