G8, G14 ou G20? A combien doivent se régler les affaires du monde?

SOMMET Assistait-on au dernier G8, devenu trop étroit?...

C. F. (avec agence)

— 

Le club très fermé du G8 ne sera-t-il bientôt plus qu'un vieux souvenir? Le groupe des huit pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Japon, Canada, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et Russie), constitué dans les années 1970 à la suite des chocs pétroliers, a vu sa légitimité plusieurs fois remise en cause lors du sommet de L'Aquila, en Italie.

Dernier en date à avoir attaqué le format de ces réunions internationales: Barack Obama. Le président américain s'est déclaré ce vendredi en faveur d'une diminution du nombre des sommets, et à une réforme du G8 et des Nations unies, institutions «datées», selon lui.

Nicolas Sarkozy pour le G14

Il s'est également dit favorable à un élargissement du G8 aux pays émergents comme l'Inde, le Brésil ou la Chine, soulignant qu'en leur absence, il n'était pas possible de régler les grands problèmes internationaux. Ces derniers ont d'ailleurs été conviés à la réunion sur le climat, jeudi. Le G8 italien a de fait été transformé en G14 (G8 + les cinq pays du G5 - Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil et Mexique, auxquels il faut rajouter un pays invité, l'Egypte).

Le format à 14 a d’ailleurs la préférence du président français. «La représentativité du G8 n'est pas suffisante» pour répondre aux grands défis, a déclaré Nicolas Sarkozy. Et d'ajouter: «Il existe un G8, un G5, un G6. Avec Lula, nous avons proposé que le plus tôt possible nous rassemblions les deux groupes en un G14.»

Mais cette équation laisse de côté de nombreux poids lourds économiques de l’Afrique, l’Amérique Latine, l’Asie et le monde arabe. D'où l'ascension fulgurante ces derniers mois du «Groupe des 20» (G20), qui comprend le G8, le G5, l'Argentine, l'Australie, l'Indonésie, l'Arabie Saoudite, la Corée du Sud, la Turquie et l'Union européenne. Depuis le début de la crise économique, c'est bien le G20 qui a pris les manettes, comme l’a montré la dernière réunion de Londres, en avril. Le G8 prend de plus en plus l'allure d'une réunion préparatoire.

Les décisions restent difficiles à prendre

Dans ce concert, une voix discordante: celle du Japon. «Les pays du G8 sont définis comme des démocraties industrialisées», a affirmé Kazuo Kodama, porte-parole du gouvernement japonais, à quelques journalistes. «La Chine a son propre système politique, mais pouvons-nous la qualifier de démocratie?» Tokyo craint aussi qu'un élargissement du G8 ne sape son efficacité: «Un groupe de vingt pays peut-il avoir une discussion sérieuse en une heure?», s'est interrogé Kazuo Kodama.

A 8, 14, ou 20, les décisions restent de toute façon difficiles à prendre et les sommets vont rarement plus loin que les déclarations d'intentions. Le Forum des principales économies sur le climat et l'énergie (MEF, 16 pays dont le G8 et les grands émergents), qui s'est tenu en marge du G8, n'est ainsi pas parvenu à se mettre d'accord sur l'objectif de réduction de 50% des émissions de CO2 d'ici à 2050, pour les pays émergents. Quant au G20 de Londres, la volonté de contrôle global affichée se heurte, comme le souligne Emmanuel Kessler sur France Info, à la résistance de Wall Street ou de la City.

 

Mots-clés :