ENERGIE - Christine Lagarde a reconnu qu'il fallait «envisager des hausses tarifaires», sans préciser à quelle hauteur...
Pierre Gadonneix persiste et signe. Le patron d'EDF a encore plaidé ce jeudi pour
une hausse de 20% des tarifs d'électricité sur trois ans, malgré la polémique suscitée par cette demande après le succès de son emprunt public. Cela ne représente que «de 2 à 3 euros par mois» de plus sur la facture des ménages, a-t-il fait valoir sur RTL, soulignant que l'électricité en France est «30 à 40% moins chère que dans les autres pays européens» et que sans rattrapage, le groupe, lourdement endetté, ne pourra pas financer ses nombreux investissements.
Le gouvernement, qui assure avoir appris cette demande par la presse, a vite cherché à calmer le jeu sur un sujet que la crise rend encore plus sensible. «Quand on veut des étoiles, on demande la lune», a d'abord commenté Christine Lagarde ce jeudi matin, estimant n'être «absolument pas liée par les appréciations» d'EDF dont l'Etat est toujours actionnaire majoritaire.
Investissements dans le nucléaire
Revenant sur le sujet à l'Assemblée, la ministre de l'Economie s'est montrée plus nuancée, affirmant qu'il fallait «envisager des hausses tarifaires» pour financer les investissements d'EDF. Le groupe «aura besoin de faire des investissements importants pour répondre au Grenelle de l'environnement, et en particulier pour investir dans des énergies renouvelables, mais aussi pour investir dans le parc électro-nucléaire», a déclaré la ministre.
Des investissements qui se financent «certes par des hausses tarifaires, il faut l'envisager, mais bien plutôt, et je crois que c'est une priorité pour la direction d'EDF, par des gains de productivité internes à l'entreprise», a temporisé Christine Lagarde.
Revalorisation des tarifs décidée par le gouvernement
Pour 2009, EDF veut investir 12 milliards d'euros, à la fois pour les centrales existantes et pour la construction de nouvelles, notamment le nouveau réacteur EPR.
Annoncée généralement durant l'été, la revalorisation des tarifs réglementés est décidée par le gouvernement, après avis d'EDF et de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). En 2008, elle avait été de 3% en moyenne et de 2% pour les particuliers. D'après le «contrat de service public» passé en 2005 entre EDF et l'Etat jusqu'en 2010, «l’évolution des tarifs aux particuliers ne sera pas supérieure au taux de l’inflation». Pour 2009, le gouvernement table sur une inflation limitée à 0,4%.
Avec agence