Gaz, essence, diesel, électricité, fioul: nos factures d'énergie seront au coeur des débats des syndicalistes, économistes, industriels et associations qui se réunissent ce jeudi pour envisager une taxe carbone. Cette «conférence des experts», voulue par le gouvernement, étudiera la possibilité de taxer les énergies en fonction de leurs émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique. Un retour du principe du pollueur-payeur exigé parNicolas Sarkozy la semaine dernière.
La taxe carbone rapporterait 8 milliards d'euros par an
Les ménages dépensent en moyenne 3,6 % de leur budget en énergie, soit 2 300 euros par an. La taxe carbone, qui serait aussi facturée aux entreprises, rapporterait 8 milliards d'euros par an. Le gouvernement souhaite utiliser cet argent pour diminuer d'autres prélèvements, surtout les charges sociales, ce qui suscite un débat intense. « Le consommateur est le grand perdant puisqu'il va payer plus cher son énergie et que la baisse des charges sociales sera peu répercutée dans les prix », estime l'UFC-Que Choisir. L'association de consommateurs souligne que les particuliers peuvent difficilement réduire leurs dépenses d'énergie. L'écotaxe est utile mais ne constitue pas l'instrument miracle. Elle doit s'inscrire dans le cadre d'une politique globale en faveur de l'environnement », confirme le syndicat du fisc Snui. Et de conclure, « la taxe carbone ne doit en aucune manière venir remplacer un impôt dont le but est de financer l'action publique ».