En pleine crise, Pôle emploi perd la boussole

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Publié le 18 juin 2009.

Submergé par l'envolée du chômage, Pôle emploi sera en grève aujourd'hui. Trois syndicats du nouvel organisme issu de la fusion entre l'ANPE et les Assedic ont appelé à cesser le travail, afin de dénoncer des dysfonctionnements et une surcharge de tr...

Submergé par l'envolée du chômage, Pôle emploi est en grève ce jeudi. Trois syndicats du nouvel organisme issu de la fusion entre l'ANPE et les Assedic ont appelé à cesser le travail, afin de dénoncer des dysfonctionnements et une surcharge de travail. Des voix se sont élevées en interne pour exiger la démission du directeur général, Christian Charpy, accusé d'avoir précipité la fusion et déstabilisé le service public de l'emploi en pleine crise.

Le taux de chômage a fait un bond brutal au premier trimestre, d'une ampleur inédite depuis 1975, frôlant les 10 %. Des agences se sont retrouvées avec 150 demandeurs d'emploi à suivre par conseiller, alors que le gouvernement en préconise 60. Et la plate-forme téléphonique du 3949, dont les tarifs avaient déjà suscité la polémique, est saturée.

Temps d'attente très long

Du côté des chômeurs, une enquête auprès de sept agences à Paris montre des réactions mitigées. Les pépins peuvent commencer dès la préinscription au 3949. Certains soulignent un temps d'attente très long. «Il faut être patient avec le service automatique, constate un ancien mécanicien moto de 36 ans. Sur quinze minutes, je suis resté deux minutes avec le conseiller, juste pour qu'il me dise de passer dans une agence dans douze jours. C'est aberrant.»

Le premier rendez-vous, pour finaliser l'inscription, semble en revanche accordé rapidement. Par contre, les demandeurs d'emploi interrogés ont tous eu deux interlocuteurs: pour l'Assedic, puis pour l'ANPE. Certaines agences restent d'ailleurs uniquement des antennes Assedic ou ANPE.

Un accompagnement limité aux formalités

Une fois inscrits, les chômeurs sont souvent livrés à eux-mêmes. «On m'appelle s'il y a une offre d'emploi, mais c'est rare», raconte un pizzaïolo qui a reçu deux coups de fil en un an. Enfin, certains soulignent qu'il faut parfois être persévérant pour obtenir un rendez-vous, et d'autres décrivent un accompagnement qui se limite à des formalités administratives: «La conseillère remplissait juste le dossier sur l'ordinateur, elle ne m'a même pas regardée», se désole une éducatrice spécialisée de 42 ans.

Pour autant, les demandeurs d'emploi se montrent compréhensifs. «Ils n'ont pas plus de moyens que moi», réalise un ancien ingénieur en informatique, qui souhaite travailler dans l'environnement. Comme beaucoup, il pense qu'il ne peut pas compter sur Pôle emploi pour trouver du travail.

Johanna Sitter et Angeline Benoit
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