Ce qui n'était pas possible l'an dernier le devient. Le report de l'âge légal
de la retraite
n'est « pas une question taboue », a estimé hier le Premier ministre, alors qu'il assurait en mai 2008 que ce n'était pas une piste. « Dans tous les pays européens, on l'a repoussé », a ajouté François Fillon tandis que la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, évoquait une prochaine « concertation » sur les avantages consentis aux mères de famille pour le calcul de leurs droits à la retraite.
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D'où vient la retraite à 60 ans ?
Elle a été introduite en 1983. Avant cette date, de nombreuses personnes se retrouvaient à cotiser 51 ans, au lieu de 37 ans et demi, parce qu'il fallait avoir 65 ans pour partir à la retraite. Depuis 1994, la durée de cotisation s'allonge (elle atteindra 41 ans en 2012), mais l'âge légal demeure inchangé. Ceux qui partent à 60 ans sans avoir cotisé assez ont une retraite amputée. Et d'autres se retrouvent sans pension parce qu'ils sont trop « jeunes », alors qu'ils ont cotisé la durée requise et qu'ils sont parfois au chômage. Depuis 2003, un décret permet à ceux qui ont commencé à travailler avant 17 ans de partir plus tôt. Mais ce dispositif sera durci cette année car il a creusé le déficit de la Sécu.
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Pourquoi reculer l'âge légal ?
Pour augmenter les recettes : ceux qui commencent à travailler jeunes cotisent plus, comme avant 1983. Et réduire les dépenses : les pensions sont servies plus tard et donc moins longtemps. C'est une nouvelle manière de faire des économies après l'allongement de la durée de cotisation, et le calcul des pensions sur les vingt-cinq (et non les dix) meilleures années. Reste à savoir si cela suffira. Le Conseil d'orientation des retraites ne prévoit pas de retour à l'équilibre du régime général avant 2020, et à condition d'un retour au plein-emploi. En attendant, les retraites maigrissent. Déjà, plus de 40 % des Français n'ont pas assez cotisé pour prendre leur retraite à 60 ans et 17 % partent après 65 ans. Les faibles revalorisations pèsent aussi sur les pensions. En 2005, le montant mensuel moyen s'établissait à 1 044 euros. W