Pour les « Conti », ça roule. Après deux mois et demi de conflit, les salariés
du fabricant allemand de pneus estiment que la lutte a payé.
La direction et les syndicats de Continental du site de Clairoix (Oise) ont en effet conclu dans la nuit de vendredi à samedi un accord de principe, selon lequel chacun des 1 120 salariés recevra une indemnité de 50 000 euros et bénéficiera d'un accompagnement jusqu'au 31 décembre 2011.
L'accord prévoit également que les salariés qui « auront 52 ans avant décembre 2009 [date où sera prononcé le licenciement des salariés], auront la garantie d'avoir 80 % de leur salaire jusqu'à leur retraite, a expliqué à l'AFP Xavier Mathieu, délégué CGT du site. Les gens sont ravis, ils auraient préféré que l'usine ne ferme pas, mais ils sont vraiment satisfaits de cet accord. » De fait, ce dernier a été approuvé samedi matin à l'unanimité par les salariés. Il devrait être validé par le comité d'entreprise jeudi ou vendredi.
Mais ce succès n'a pas empêché les « Conti » de manifester solidairement avec les salariés de Goodyear Dunlop d'Amiens, dont la direction avait annoncé fin mai le licenciement de 820 personnes sur 1 400. Après un barbecue samedi midi sur le site de Clairoix, entre 1 000 et 1 500 manifestants se sont rendus dans le centre de Compiègne, où ils ont fait brûler des pneus sur un pont, faisant planer une épaisse fumée noire sur la ville. « On voulait voir si les pneus Goodyear brûlaient plus vite que les pneus Continental », a ironisé Mickaël Wamen, délégué CGT de Goodyear Dunlop, avec l'espoir d'obtenir autant que leurs collègues de Clairoix. W