AUTOMOBILE - Fleuron de l'industrie américaine, GM sera considérablement restructuré avec l'aide massive de l'Etat américain...
Le gouvernement américain a annoncé dimanche que le constructeur automobile General Motors, qui fut pendant 77 ans le numéro un mondial du secteur, allait déposer son bilan pour entreprendre une restructuration draconienne sous perfusion financière de l'Etat.
L'épilogue était attendu, au terme d'une tentative désespérée de GM pour redresser ses finances. Le groupe s'était vu donner, fin mars, deux mois pour prouver qu'il était viable, mais la crise a tellement aggravé ses difficultés que le redressement judiciaire s'est imposé comme la seule issue possible.
Sortir du redressement dans les trois mois
«Aujourd'hui restera un jour historique pour l'entreprise: la fin de l'ancien General Motors et le début d'un nouveau», a indiqué l'administration du président Barack Obama dans un communiqué.
Le gouvernement s'est fixé pour objectif de faire sortir le «nouveau GM» du redressement judiciaire dans un délai de 60 à 90 jours, soit le double ou le triple de ce qu'il aura fallu au concurrent Chrysler, qui pourrait en ressortir dès lundi après avoir déposé son bilan le 30 avril.
De 62.000 à 38.000 ouvriers
Une nouvelle société sera créée pour reprendre les actifs les plus rentables du groupe. L'Etat fédéral américain apportera 30,1 milliards de dollars et contrôlera 60% de son capital. L'Etat canadien et la province d'Ontario, où GM possède de nombreuses usines, verseront 9,5 milliards de dollars et obtiendront 12% du capital. Le fonds à gestion syndicale chargé de financer la couverture médicale des retraités en recevra 17,5%. Enfin, 10% reviendront aux détenteurs d'obligations. Ces derniers ont accepté samedi l'offre gouvernementale.
GM a confirmé qu'il allait fermer onze sites et en mettre trois au chômage technique. Le groupe veut passer de 62.000 ouvriers syndiqués en 2008 aux Etats-Unis à 38.000 en 2011.
Si GM se retrouve nationalisé, Washington ne veut toutefois pas s'immiscer dans la conduite de ses affaires. «Le contrôle par l'Etat n'était pas ce que nous recherchions ni ne souhaitions. C'est une issue obligée au processus de restructuration», a expliqué le haut responsable.
Avec agence