Comment les salariés s'en sortent-ils?
Mal, pour la majorité. Selon l'Insee, la part des salaires dans la valeur ajoutée est «parfaitement stable» sur la longue période. Mais ce chiffre masque de grandes inégalités. Pour la majorité d’entre eux, «la croissance des salaires nets depuis vingt ans est extrêmement faible».
D’une part, les cotisations sociales ont presque triplé. En 2007, le salaire net avait augmenté de moins de 1 % par an par rapport à 1983, en tenant compte de l'inflation. D'autre part, 85 % des salariés, voire plus, ont vu leurs revenus stagner alors que les 5 % les plus aisés raflaient la mise. Les plus modestes, eux, ont bénéficié des hausses du Smic. Avec un bémol: ces derniers ont été sévèrement impactés par le boom de l'emploi précaire.
Et les actionnaires?
Plutôt bien: «la part des dividendes dans la valeur ajoutée a pratiquement doublé depuis une dizaine d'années». Toutefois, l'Insee insiste sur «la très grande diversité des entreprises». Seule une PME sur six distribue des dividendes et ce sont les «très grandes entreprises» qui en versent le plus. En 2007, 36 % des profits ont été attribués aux actionnaires, et 7 % à l'épargne salariale (participation, intéressement et plans d'épargne entreprise).
Quelle est la solution?
Les avis divergent. L'Insee estime que la croissance et la productivité sont insuffisantes pour «générer de fortes hausses de salaires». Mais les syndicats dénoncent la montée des inégalités. Outre une revalorisation des salaires et une gestion différente des entreprises, ils proposent de taxer davantage les hauts revenus.
Hostile à une négociation nationale sur le partage des profits, le Medef suggère de fusionner l'intéressement et la participation dans les entreprises de moins de 250 salariés.